Histoire d’une rencontre avec une femme : le chemin de St Jacques (partie 2) :

Dans la première partie de ces anecdotes, je nous avais laissés au pas du départ à pied du tronçon du chemin de St Jacques entre le Vézelay et Nevers. Alors marchons et franchissons le seuil bien gardé.

Il est mi-juin en France et il fait chaud. Je dois me coucher tôt et me lever très tôt (surtout si l’on songe que c’est mes vacances ^^). 5h15, je suis réveillé, mon sac déjà prêt, je petit-déjeune rapidement et hop, bâton en main, je pars d’un pas neuf et un regard nouveau vers un chemin que j’ignore.

Même vers 6h du matin, il fait déjà dans les 20 °C.

Point de vue depuis le Vézelay qui se trouve sur les hauteurs (d’ailleurs une sacrée côte à subir avant d’arriver à la basilique) au lever du soleil :

Je descends les pentes du Vézelay, la boussole indique le sud comme il se doit :

Des essaims de mouches m’assaillent, je suis même obligé de mettre un masque de tissu que j’utilise pour le COVID pour m’en protéger et respirer. Jamais vu ça !

Un peu plus loin, car mon regard porte, je n’ai pas toujours les yeux rivés sur le sentier, je vois la silhouette fine d’un marcheur. Je me dis « tiens, un pèlerin qui fait le chemin en sens inverse ». Car en fait, faire le Chemin de St Jacques, si l’on est puriste, c’est non seulement aller à St Jacques et pour certains jusqu’à la mer, mais revenir aussi à son point de départ.
En fait, nous rapprochant à la vitesse cumulée de nos deux déplacements, je me rends rapidement compte que c’est une jeune femme bien fine, un peu plus de 50 kgs à vue de nez, qui transporte un sac bien lourd. Une jeune fille brune et jolie. Le visage intelligent et expressif.
On s’arrête, moi les deux mains appuyés confortablement sur mon bâton, et je ne m’approche pas trop, histoire qu’elle ne se sente pas mal à l’aise, et qu’on puisse échanger tranquillement. Ce petit pas de retrait, ce petit pas de retraite, qui nous assure une conscience sereine, libre de tout attachement, de pensées possessives.
En fait, elle me raconte qu’elle ne fait pas le chemin de St Jacques mais le tour du Morvan et que c’est la première fois qu’elle entame une rando toute seule comme ça de plusieurs jours. Elle a emporté une tente et un réchaud… tu m’étonnes que ça doit être lourd ! Je lui explique que je ne m’encombre plus de ça surtout sur le chemin de St Jacques où on trouve des gîtes vraiment pas chers et des ravitaillements. Niveau nourriture, c’est aussi très frustre pour moi : brownies au chocolats, bananes, charcuterie, bananes… Enfin elle est jeune, elle fait ses expériences :p .
Tout comme moi en mon temps.:) Sinon je lui conseille les tentes ultra-légères. On devise ainsi en toute amitié. Elle a hâte d’arriver au Vézelay, ses pieds sont en compote. On se raconte des petits faits. Et puis on se sépare avec un grand sourire en se souhaitant bonne route sans chercher plus : une rencontre comme d’autres (enfin non en fait chaque rencontre prend ici un caractère unique et mémorable), de jolis petits cailloux qui parsèment le chemin, le voyage, la route à pied dans un temps intemporelle, hors du cadre de vie de notre société.
Le chemin, c’est aussi ça, apprécier les moments pour ce qu’ils sont et se détacher sans rien retenir. Sans chercher à avoir les coordonnées de la jolie demoiselle ^^. D’ailleurs sans doute trop jeune pour une vieille branche comme moi. :p

Enfin, après plusieurs heures de marche et une canicule vers 14h…


j’arrive au gîte d’Anthien (pour ceux qui aimeraient suivre sur une carte). Celui-ci est tenu par des hollandais, et le gîte de la veille par des allemands ^^. La passion pour le chemin de St Jacques unit bien des nationalités. On mange tous ensemble le soir, dans une ambiance chrétienne (protestante je pense). Petite prière et moment de recueillement avant d’entamer le repas. La meilleure soupe que j’ai jamais dégustée avec des courgettes du jardin !
Nous échangeons sur nos motivations pour arpenter le chemin. Nous abordons des épisodes de vie parfois très forts ou douloureux et aussi des motivations moins lourdes…

Le gîte dans un très belle ferme restaurée :

Prochain épisode : une jolie rando et la rencontre avec un pèlerin belge, un nouveau compagnon de voyage..

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« L’épopée de Gilgamesh, le grand homme qui ne voulait pas mourir », chronique

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Présentation :

Vieille de quelque trente-cinq siècles et de loin antérieure à l’Iliade et au Mahâbhârata, l’épopée de gilgameš est la première œuvre littéraire connue à qui son ampleur, sa force, son souffle, sa hauteur de vision et de ton, l’éminent et l’universel de son propos aient valu, dans tout le proche-orient ancien, une célébrité millénaire et, dans notre jugement à nous, le titre d' »épopée ».
Elle conte l’histoire d’une grande amitié, source de surhumaines réussites, mais qui, tragiquement amputée par la mort, jette le survivant, le grand roi Gilgameš, dans une recherche désespérée, mais vaine, du moyen d’échapper au trépas.
Sur ses tablettes d’argile, depuis qu’au propre berceau de l’assyriologie, voici moins de cent cinquante ans, on en avait retrouvé les premiers lambeaux, le texte de cette composition fascinante n’a cessé, d’année en année, de se compléter de trouvailles nouvelles, et de se mieux entendre, replanté dans son dense et profond humus culturel natif.
Il fallait qu’un assyriologue (Jean Bottero), vieilli dans son métier, en mît au net la teneur la plus complète possible ; en revît la traduction, à la hauteur de son lyrisme auguste ; en expliquât, d’un mot, mais clairement, les exotismes, les silences et les subtilités, livrant ainsi au public de langue française démuni une édition à jour pour lui révéler au mieux de ce chef-d’œuvre admirable et presque secret.
Son travail n’ouvre pas seulement une grand-porte dans les puissants remparts qui défendent l’altière civilisation mésopotamienne, notre plus vieille aïeule ; il permettra aussi d’y retrouver, dans un discours et un imaginaire pourtant bien loin des nôtres, deux ou trois grandes valeurs universelles de notre condition humaine, qui comptent toujours à nos yeux : le prix de l’amitié, même si nous la savons périssable, comme tout, ici-bas ; et le sens de la vie, même si elle ne nous est accordée que pour se trouver, elle aussi, trop vite effacée par la mort.

** À la découverte de Gilgamesh, l’homme qui ne voulait pas mourir**

Le premier grand récit de l’humanité, et de loin puisqu’il date dans ses partie les plus ancienne de 35 siècles (!), soit bien avant les épopées d’Homère comme l’Odyssée, est centré autour de l’amitié (une thématique à remarquer pour ce premier grand récit) entre un roi Gilgamesh et son ami Enkidu qui vivront périple et aventures divines, notamment à cause de l’hostilité de la déesse Ishtar.
Enfin les dieux condamnent Enkidu à mort. Et Gilgamesh, profondément affligé par cette perte, entreprend une quête d’immortalité. Bien souvent quand nous nous émouvons d’une mort, ce n’est pas seulement vis-à-vis de la personne mais aussi parce qu’elle nous met en face de notre propre finitude. Et il est significatif que l’un des principaux thèmes du premier récit connu soit une quête d’immortalité.
On remarque déjà que le premier romancier de l’humanité (car il s’agit d’un roman d’aventure initiatique sur fond mythologique) est inconnu voire, peut-on imaginer, volontairement anonyme ce qui de mon point de vue est assez poétique et source de réflexions. C’est le roman de la toute première quête aussi. Ou tout simplement à l’époque, ça paraissait peut-être incongru de vouloir laisser son nom. Tout comme d’ailleurs, les constructeurs des cathédrales n’ont jamais tenu à signer leurs chefs d’oeuvre. Bref je m’égare mais on est bien loin de la mentalité moderne, dont la mienne. En effet, écrire est aussi pour moi une manière de me perpétuer au-delà de ma mort.
Je souligne que la traduction par Jean Bottero rend l’approche du texte tout à fait facile et la lecture agréable, presque rapide. Le lire c’est voyager dans l’esprit des origines de l’humanité. Je trouve ça fascinant.(tout ce qui est écrit en italique est de mon fait)

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A travers ce livre nous découvrons aussi la mythologie mésopotamienne.

** Autour de Gilgamesh, le démon Humbaba**
 
Dans la mythologie mésopotamienne, Humbaba (Huwawa en sumérien) est le démon gardien de la forêt des résineux où vivent les dieux. Cette charge lui a été confiée par le dieu du vent et de la grande montagne Enlil. Son aspect effrayant et des armes surnaturelles, sept fulgurances dans la version ancienne de l’Épopée de Gilgamesh ou sept manteaux magiques dans la version ninivite, permettaient de faire fuir les autres démons.
Durant l’un des épisodes de l’Épopée de Gilgamesh, Gilgamesh accompagné d’Enkidu s’aventure dans la forêt des Cèdres pour tuer Humbaba. Alerté par leur présence, Humbaba se présente à eux. Il semble connaître ses deux assaillants et tente de les dissuader. Enkidu prend peur mais Gilgamesh l’affronte. Ils sont aidés dans leur combat par le dieu Shamash. Vaincu, Humbaba implore Gilgamesh de lui laisser la vie sauve, mais Enkidu le presse de l’achever, ce que fait Gilgamesh, juste après qu’Humbaba ait le temps de marmonner un dernier sort. Les deux vainqueurs retournent à Nippur avec le plus grand cèdre de la forêt et la tête d’Humbaba3.
La mort de Humbaba et celle du taureau céleste envoyé par Ishtar auront pour conséquence d’attirer la colère des dieux sur les deux
héros4, particulièrement sur Enkidu : subitement frappé de langueur, il meurt peu après le retour à Uruk.
(source : wikipedia)Humbaba_gilgamesh
 
 
** En fait l’épopée de Gilgamesh, l’un des tout premiers récits de l’humanité, c’est « hot » ! **
Ici, vers – 1500 av JC au bas mot, Enkidu le futur meilleur ami de Gilgamesh fait l’amour (enfin le terme plus adapté serait « b… « ) à une courtisane, ce qui lui donne (mais pourquoi ??) l’intelligence.
Peut-être que la Courtisane est en fait Ishtar dont on parle un peu plus bas. En tous cas, ça se lit bien 🙂 On note au passage l’inexistence du moindre tabou puisque la description va jusqu’à évoquer le sexe.
 
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Un sommeil préparé avec un bon rituel protecteur permet d’avoir de bons rêves qui permettent de mettre en contact le rêveur et le divin.

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On s aperçoit que l interprétation des rêves tenait déjà une grande place dans la civilisation. On retrouve ça dans l’Anabase, l’Ancien Testament, l’Odyssée, l’Ennéide, le cycle des romans de la table ronde, La divine comédie etc. C’est vieux comme le monde.

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En fait je me rends compte que dès les temps très anciens, on pourrait dire que, en termes modernes et psychologiques, la vie du subconscient est très importante en tant que message venant des dieux notamment quand il s agit des rêves. Il y a au moins 4 rêves prémonitoires et leur interprétation est « pointue » dans le récit. Ça fait partie intégrante de leur pensée et ils sont très importants, cruciaux.
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** Gilgamesh (récit d’il y a 3000 ans), blessé par la mort de son ami Enkidu veut savoir comment devenir immortel auprès de Uta-Napishtim, un héros devenu immortel, faut pas empêcher les dieux de dormir, bonnes gens… **
Les dieux, particulièrement Enlil, en colère contre l’humanité, qui faisait trop de bruit la nuit l’empêchant de dormir, décident de les supprimer dans une gigantesque inondation.
Le dieu Enki, tenu par le secret, utilisa le subterfuge de confier aux roseaux le projet des dieux afin d’avertir Utanapishtim. Il le chargea d’amener sa femme, sa famille et ses proches avec les artisans de son village, ses bébés et ses céréales ainsi que les animaux de la terre. L’inondation atteindrait tous les animaux et les humains qui n’étaient pas sur le navire, un concept similaire a l’histoire biblique de l’arche de Noé. (le récit de Gilgamesh est antérieur à celui écrit dans l’ancien testament)
Après douze jours sur l’eau, Utanapishtim ouvrit la trappe de son navire pour regarder autour et voir les pentes du mont Nisir, où il reposa son bateau pendant sept jours. Le septième jour, il envoya une colombe pour voir si l’eau avait reculé, et la colombe ne put trouver que de l’eau et revint. Puis il envoya une hirondelle, et comme précédemment, elle revint sans avoir rien trouvé. Enfin, Utanapishtim envoya un corbeau, et le corbeau vit que les eaux avaient reculé, alors il circula autour, mais il ne revint pas. Utanapishtim libéra ensuite tous les animaux libres et fit un sacrifice aux dieux.
Les dieux vinrent, et parce qu’il avait conservé la semence de l’homme tout en restant fidèle et confiant en ses dieux, Utanapishtim et sa femme reçurent l’immortalité, surtout grâce à Enki.
Le nom sumérien d’Enlil est constitué des termes « Seigneur » (en) et « Air »/« Vent »/« Souffle » (líl). Si on suit cette étymologie, Enlil serait à l’origine une divinité liée au vent, peut-être au vent du printemps qui assure le retour de la végétation. De là découlerait aussi l’aspect colérique, impétueux et parfois sombre qu’a parfois ce dieu dans la mythologie1. Le terme LÍL peut en fait être compris comme l’atmosphère, espace entre le ciel et la surface de la terre2, suivant la cosmologie sumérienne qui attribue le Ciel (an) comme résidence au dieu Anu, le monde inférieur (ki, plus précisément l’Apsû, monde des eaux souterraines) comme résidence du dieu Enki, laissant donc ce qui est entre les deux au dieu Enlil, c’est-à-dire l’espace des humains (ce qui serait alors lié à sa fonction de divinité suprême).
A noter, la parenté évidente de la représentation d’Enlil avec le symbole de la religion Zoroastrienne.
 
** autour de Gilgamesh, le dieu soleil mésopotamien Amash **
Shamash est le nom akkadien du dieu-Soleil dans le panthéon mésopotamien. Il correspond au sumérien Utu. Il occupe une petite position secondaire dans la hiérarchie divine par rapport au dieu Lune Sîn, considéré comme son père, et a un rôle effacé dans la mythologie, qui contraste avec la grande popularité dont il a bénéficié auprès des anciens Mésopotamiens comme l’atteste le fait que nombre d’entre eux ont porté un nom faisant référence à ce dieu.
Shamash était vu comme le garant de la justice. Tout comme le soleil disperse les ténèbres, il expose en pleine lumière le mal et l’injustice. Dans la mentalité mésopotamienne, cette fonction de justice a été mise en relation avec celle de guérison, vue comme la libération de l’emprise de maux injustement subis, ou encore avec la divination, Shamash éclairant les messages divins qui apparaissent dans les entrailles d’ovins, dans les rituels d’hépatoscopie très répandus en Mésopotamie ancienne. Cela lui vaut d’être célébré dans de nombreux hymnes et prières qui figurent parmi les plus belles pièces de la littérature mésopotamienne.
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Anecdotes sur le chemin de St Jacques 2022 (partie 1)

Résumé des épisodes précédents :

Pour celles et ceux nombreux qui ont raté tous les épisodes :), je récapitule, depuis 2018, je parcours le Chemin de St Jacques depuis ma bonne ville de Metz. J’opère par tronçons, car mon travail, entre autres, ne me laisse pas le loisir de faire plus d’une dizaine de jours. J’ai donc fait Metz-Toul, Toul-Contrexeville, Contrexeville-Langres, Langres-Is sur Tille (passage particulièrement difficile car peu de point d’eau, de ravitaillement et de logement, plus canicule), Is sur Tille – Flavergny sur Ozerain (où j’ai pris le temps de faire une retraite riche d’enseignement dans un monastère), et Flavigny sur Ozerain-le Vézelay (en m’arrêtant dans deux jolies villes historiques Semur en Auxois et Avallon (petite préfèrence pour celle-là)).

Et donc cette année en 2022, je partais de Le Vézelay, point de départ proprement dit d’une des voies de St Jacques : la via Lemovicensis (voie Limousine en latin) pour arriver à Nevers. Je choisis de partir le 18 juin pour être près du solstice d’été, dans une sorte de symbole de la lumière physique et spirituelle à son maximum, et de plus, ça me permet de commencer à marcher très tôt, ce qui, on le verra par la suite, fut un avantage considérable.

En 2004, j’avais déjà effectué le très beau tronçon entre Le Puy en Velay et Conques qui traverse la moyenne montagne d’Auvergne (Via Podiensis ).

Première anecdote :

Pour rejoindre le Vézelay cette année, je partis dans un premier temps en car depuis Metz jusque Paris où je logeai chez les sœurs bénédictines de la basilique du sacré cœur.
Vue depuis le dortoir :

Dortoir_basilique_Sacré_Coeur_Montmartre

Premier jour je parle avec une bonne sœur à la basilique de Montmartre. Je discute à propos de ma foi chrétienne et je lui dis que je crois dans le message du Christ et que c’est un exemple inspirant mais que je ne crois pas en un Dieu bienveillant mais impassible (à la fois bon et mauvais ou ni bon ni mauvais). Elle m’explique que ma foi est « Cristo-centrée » et m’avoue aussi que parfois elle a du mal à croire en Dieu et que les doutes sont bien normaux… Dans ces moments-là, elle demande avec force à Dieu de se manifester. Et le lendemain elle a souvent des signes dans la vie. Ne serait-ce pas de l’autosuggestion ?

Elle m’explique aussi que sa foi était aussi d’abord Christocentrée et puis qu’elle a fini par rencontrer le Père et ensuite Marie, ce qui m’interroge. En fait pour rencontrer la Vierge Marie il faudrait qu’il y ait des textes autres que ceux parcimonieux des Évangiles canoniques, sinon comment la rencontrer (à moins de s’appeler Bernadette:p) ?

A la rigueur, grâce à l’Évangile apocryphe de Marie (Madeleine), il est plus facile de rencontrer Marie-Madeleine, l’une des disciples préférées de Jésus. L’Évangile de Marie n’est pas un évangile Canonique mais un évangile apocryphe dont on situe la rédaction vers 150 ans après J.C. L’étymologie d’« apocryphe » n’est pas « faux » mais caché. C’est donc un des textes primitifs du christianisme. À souligner, que Marie-Madeleine n’était absolument pas une prostituée comme le reconnaît depuis quelque temps l’Église catholique, et en plus une amie intime de Jésus voire très intime puisqu’on parle dans l’évangile de Philippe (autre évangile apocryphe retrouvé à Naghammadi) de baiser… sur la bouche. Nous lisons ainsi :

« Le Seigneur aimait Marie plus que tous les disciples, et il l’embrassait souvent sur la bouche. Les autres disciples le virent aimant Marie et lui dirent : « Pourquoi l’aimes-tu plus que nous ?

Le Sauveur répondit et dit :

« Comment se fait-il que je ne vous aime pas autant qu’elle ? »

Ce passage est extrêmement crédible selon moi, car étant donné que la société était fortement patriarcale, même les évangélistes minoraient certainement le rôle des femmes. Donc pour que cet épisode soit relaté, c’est vraiment qu’il fallait qu’il fût essentiel.

Malheureusement, les croyances erronées ont la vie dure… En fait quand je réfléchis il me semble qu’on peut rencontrer le Père en contemplant la nature. Puisque dans la nature et dans notre vie, tout est l’œuvre d’un principe unique et que la nature est bonne (voir sa beauté) et mauvaise (voir sa cruauté) selon notre appréciation humaine ou alors ni bonne ni mauvaise si on prend les voies « impénétrables » de Dieu.

Ou de manière plus satisfaisante pour moi, notre monde met en œuvre deux principes opposés (notamment le Bien et le Mal (que je mets délibérément avec une majuscule lui reconnaissant un absolu tout comme le Bien) mais aussi complémentaires, et un principe unique qui est l’origine, la couronne du Tout, un cercle parfait au-delà de nos jugements (mais qu’on a toujours le droit de juger), et en même temps incessamment à l’œuvre et de toute éternité. Ce qui fait penser bien sûr au symbole chinois du ying et du yang dont je n’expliquerai pas toute la symbolique ici ^^. Et donc, dans nos observations, notre compréhension du monde globalement pas seulement matérielle, nous pouvons remonter à ce qu’IL EST de toute éternité.

J’ai pu aussi exposer mes vues hérétiques sur ma compréhension du christianisme digne des cathares ou des hérésies dualistes.

J’ai apprécié que la sœur ne me voue pas aux flammes de l’enfer et m’écoute en toute tolérance sans chercher à convaincre à tout prix. Ce fut un échange très intéressant et bien plus ouvert que face à certains jésuites avec lesquels j’ai discuté de manière beaucoup plus âpre (mais intéressant aussi) .
Vous voyez quelles pensées peuvent m’animer plus particulièrement pendant le chemin de St Jacques?:) En fait le Chemin est aussi de discuter avec des religieux, des pélerins pour échanger sur la compréhension du monde, la spiritualité. D’arrêter d’avoir le nez dans le guidon de la vie quotidienne et s’interroger sur ce mystère qui est notre vie.

Bref (comment ça, je ne suis pas si bref?), j’ai dormi, pour un prix modique et en tant que pèlerin de St Jacques dans la basilique du sacré cœur de Montmartre, mais en échange je devais participer au relais d’adoration (c’est-à-dire rester en silence pendant une heure devant la sainte hostie) qui dure toute la nuit jusqu’à 7h du matin, tradition propre à la basilique qui se perpétue depuis plus d’un siècle. Loin de la foule de touristes en journée, nous entamons un premier relais d’adoration de 23h à minuit dans une nef quasi déserte, occupée seulement par quelques personnes silencieuses. Cette nuit-là et, sans doute manière liée, je fis un rêve mystique où l’on me disait : « Pour voir la lumière, il faut voir jour ». Voir jour… renaître comme un bébé. Laisser tomber les habits du vieil homme. Voir jour et « rencontrer » « Dieu ».

 

Loin de la foule de touristes en journée, nous entamons un premier relais d’adoration de 23 h à minuit dans une nef quasi déserte, occupée seulement par quelques personnes silencieuses. Cette nuit-là et sans doute manière liée, je fis un rêve mystique où l’on me disait : « Pour voir la lumière, il faut voir jour ». Voir jour… renaître comme un bébé. Laisser tomber les habits du vieil homme. Voir jour et « rencontrer » « Dieu ».

Deuxième anecdote, deuxième jour, alors signe du destin ?

Alors que j’arrive depuis Paris en train  à la gare du Vézelay je me rends compte qu’il reste 10 km à faire. Heureusement il y avait seul taxi qui était là, en train de partir – avec à son bord un vieil américain qui écrivait une thèse sur le chemin de St Jacques (le truc improbable) – et qui a pu m’emmener.
Alors à votre avis, est-ce un signe ou simplement de l’autosuggestion ?

Quoi qu’il en soit, dans ma vie, je me dis qu’à certains moments cruciaux, à commencer par mon tout début de vie où j’ai failli mourir, la “vie” (ou mon ange gardien) veillait sur moi, et dans d’autres étapes importantes de ma vie. De manière qu’on peut considérer comme injuste, puisque tant d’innocents connaissent des circonstances de vie affreuses (par exemple les enfants atteints de cancer). Mais je ne vais pas râler, plutôt remercier la vie pour les bienfaits pour qu’elle m’octroie, n’est-ce pas ? Et toucher du bois accessoirement.

Hébergement de Ste Madeleine pour pèlerins  (puisqu’on en cause justement) :

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Je discute avec un pèlerin français qui m’explique qu’à la fin du chemin de Saint-Jacques il était devenu athée et qu’il s’était senti soulagé. En discutant je me rends compte qu’il est soulagé parce qu’il n’attend plus rien de Dieu, mais il est d’accord avec moi pour dire que Jésus est un très bon exemple à suivre, et qu’en fait il croit en Dieu, c’est-à-dire une force supérieure mais impassible.

En fait, je l’ai influencé dans sa réflexion, ou du moins je l’ai aidé à approfondir tout comme la sœur l’avait fait avec moi.

De mon point de vue, on peut prier de manière efficace et concentrée mais laisser le résultat dans les mains de Dieu ou du principe de lumière (digne D’Ormuz, le dieu bienfaisant du zoroastrime) et ne plus se préoccuper de l’effet de la prière.

Il y a aussi un pèlerin suisse roman qui ne parle pas bien français et qui nous dit qu’il fait le Chemin pour casser la routine (ce qui est aussi mon cas).

Église du St Père moins connue que la basilique du Vézelay :

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Suite au prochain épisode où je ne marcherai plus seulement spirituellement mais aussi concrètement avec toute la rudesse du Chemin  (en sachant que je pourrais beaucoup plus en dire mais ce serait interminable d’où ce style télégraphique)…

Statuette de St Jacques présente dans la cour intérieure du gîte pour pèlerins :

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« Albigeois et cathares », de Fernand Niel, chronique

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Présentation :
« L’hérésie albigeoise qui se développa dans le midi de la France aux XIIe et XIIIe siècles est une manifestation locale d’un mouvement hétérodoxe beaucoup plus important et ancien, le catharisme. Religion à part entière, il fut pourtant considéré comme hérétique par l’Église catholique et éradiqué au prix de 45 années de guerre au terme desquelles le royaume de France s’agrandit considérablement et l’Église renforça sa puissance.
Cet ouvrage décrit l’originalité de la religion cathare, ses fondements ainsi que les spécificités albigeoises. Il relate la répression sanglante qui a été menée contre leurs adeptes par le pouvoir central et l’Église. »

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Mon avis sur ce livre très intéressant :
« C’est un livre très intéressant et synthétique qui même s’il expose des détails historiques s’attache plutôt à décrire les doctrines et les grandes évolutions historiques des différents mouvements.
Les origines du catharisme et des hérésies dualistes chrétiennes sont à chercher du côté du zoroastrisme puis de Mani et les sectes gnostiques. Mais à dire vrai, Platon aussi évoquait un démiurge…
Le zoroastrisme professe qu’il existe deux principes : le bien personnifié par Ormuzd, le principe de lumière (Ahura Mazda) et le mal, Ahriman avec la victoire finale d’Ormuzd. Le zoroastrisme aurait influencé les croyances juives transcrites dans l’Ancien Testament. La logique interne à toutes les créations de ces mouvements est de trouver une réponse à l’existence du mal dans notre monde. Comment peut-il exister autant de mal, de souffrance dans notre monde si Dieu est bon ?
A travers les persécutions, les sectes gnostiques subissent un sort atroce somme toute logique en étant cynique puisqu’elles professent que le monde est mauvais et méchant. Leur massacre en est une preuve parmi bien d’autres… Elles s’y confrontent par le biais de multiples persécutions menées par les institutions zoroastriennes puis chrétiennes « droites et dogmatiques », du moins considérées comme justes dans leurs dogmes. Ce sont des persécutions « barbares » comme le répète plusieurs fois l’auteur. Les barbares ne sont pas forcément ceux que l’on croit, n’est-ce pas ?
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C’est une ironie tragique du destin que ces deux religions perpètrent de tels crimes alors que l’une a enseigné la victoire finale du bien sur le mal (zoroastrisme), l’autre la victoire de l’amour sur la haine, du pardon (la religion chrétienne). Quand on songe à la passion du Christ, on se dit facilement que ces chrétiens qui se disent orthodoxes ont endossé le rôle des bourreaux de Jésus. On se dit aussi que ce sont les créations d’institutions religieuses qui viennent pervertir le message initial. Comme toute institution, elles cherchent à garder leur pouvoir et à l’étendre, c’est un principe interne et naturel.
La principale victime étant le manichéisme au IIIème siècle avec des massacres et tortures innombrables (et bien des siècles avant la création de l’inquisition donc).
Le manichéisme (mené par le prophète Mani ou Manès) se présente comme un syncrétisme du zoroastrisme, du christianisme et même du bouddhisme. Il existe deux principes le bien et le mal. Le mal existe par rapport au bien comme la maladie par rapport à la santé. Jésus est une sorte d’ange (d’éon) envoyé par le Ciel pour indiquer le chemin. Mani croit dans la métempsychose (réincarnation). Deux catégories de personne : les élus qui se soumettent à une ascèse, et les auditeurs qui sont de simples croyants et mènent une vie rythmée par certains rites. Le but des élus est d’atteindre le nirvana (concept bouddhiste donc) au bout de plusieurs incarnations, peut-on supposer.
La matière est l’œuvre du démon, il est donc nécessaire de s’en détacher. Le corps est une prison pour l’âme d’origine divine. En toute logique, si le monde était peuplé d’élus, le but serait l’extinction de l’espèce humaine et la réintégration dans la sphère céleste. Bien sûr ça ne risque pas d’arriver. L’élu ne doit participer en aucun manière à la marche du monde, que ses œuvres soient considérées comme bonnes ou mauvaises, ce qui induit même de ne pas semer pour récolter ni élever de bêtes pour manger par ex.
Pour les bogomiles (hérésie antérieure au catharisme), Satan est aussi un fils de Dieu, l’aîné qui s’est rebellé par orgueil. Chez les dualistes, on peut distinguer un dualisme absolu, et un autre plus mitigé (mais bon ça reste relatif).
Dualisme absolu. Le monde terrestre est l’œuvre du démon. Rejet des sacrements car réalisés avec de l’eau, du pain, du vin donc de la matière qui est issue de l’œuvre du démon. Ascèse rigoureuse pour se dégager de ce monde.
Dualisme mitigé. A l’origine, un monde spirituel et puis Satan etc.
Dans les deux cas, le monde sensible n’est pas l’œuvre de Dieu.
Le corps est la demeure de l’âme, et l’âme demeure de l’esprit (conception valentinienne)
L’âme est la partie créée et l’esprit l’étincelle divine.
Il y a une filiation avec les hérésies bogomiles et encore plus loin le manichéisme, le prophète Manes, et la pensée cathare. Mouvement du XIIème siècle et XIIIème. Les cathares sont dualistes et croient en la métempsychose (ces deux éléments expliquant leur presqu’indifférence à la perspective de mourir).
Les cathares n’accordent aucune réalité au monde sensible. Défaite de l’homme primordial qui a entraîné la création du monde. Le passage sur terre, la vie devient une épreuve. On retrouve la notion d’enfer terrestre des pythagoriciens et manichéens. Le monde céleste est le seul monde réel.
Le Christ ne s’est incarnée qu’en apparence. Le Christ ne s’est fait homme qu’en apparence.
Les cathares prêchent n’importe où, bois, châteaux ou dans les maisons des auditeurs. La pratique est constituée de prières, jeûnes prolongés, surtout des sermons au cours desquels la doctrine était expliquée.
Confession publique : apparellamentum.
Rite du consolamentum. C’est quand on veut passer d’auditeur à « parfait ». L’impétrant prends divers Engagements : envers les Évangiles et donc le Christ, ne plus manger de viande, œufs, fromage, seulement végétaux ou poisson. Et pas de commerce charnel. Récitation du pater et imposition des mains.
On peut parler à propos des cathares de neomanichéisme. Et comme tel, comme une malédiction, ils connaîtront la répression et l’horreur. L’histoire se répète.
Le terme « cathare » vient du grec catharos qui veut dire pur.
Pour plus de renseignement, « summa de catharsis et leonistis » de Raynier Sacchoni.
Les bonshommes sont connus pour parcourir de longues distances à pied ou à dos de mulet, c’en est presque légendaire. « C’étaient d’infatigables marcheurs, et l’on se demande comment ils trouvaient dans leur corps squelettique, des ressources suffisantes pour accomplir de véritables exploits
Les cathares plutôt que de renier leur foi, de se convertir, se jettent dans les bûchers en chantant.
Catharisme et troubadours, curieusement, trouvent des points de jonction en Occitanie. Le catharisme est très populaire dans toutes les couches des populations (pauvres, nobles et chevaliers du sud compris) notamment à cause de l’ascèse et de la pauvreté volontaire des « parfaits », des « bonshommes », des frères à la voix douce.
L’action de Simon de Montfort pour détruire les cathares est longuement exposée.
Armée de 300 000 hommes pour massacrer les cathares et leurs protecteurs.
La croisade contre les Albigeois aurait fait un million de victimes et a duré près de 50 ans.  »
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« Rose-Croix, histoire et mystère » de Christian Rebisse, chronique

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Présentation :
Cet ouvrage offre une étude très complète du rosicrucianisme, tant sous l’angle traditionnel qu’historique et tente d’apporter une réponse à ces deux questions : qui sont les Rose-Croix ? D’où viennent-ils ? Pour certains, l’ordre de la Rose-Croix, né à l’époque des pharaons, aurait ensuite recueilli l’héritage des pythagoriciens, des mystères d’Eleusis, des mages de Perse, des Esséniens, des templiers… Pour d’autres, il ne serait qu’une légende. Pour d’autres encore, il s’agirait d’une fraternité appartenant aux mondes invisibles. Cette étude très complète nous conduit, depuis l’Égypte et la Tradition primordiale, dans les pas d’Hermès Trismégiste et de Christian Rosenkreutz jusqu’à l’époque contemporaine où la Rose-Croix contribue à l’élévation de l’humanité et propose à ses contemporains de regarder au-delà du monde des apparences, pour tenter de découvrir la présence du Divin. Ce livre inclut une bibliographie thématique, un tableau chronologique reprenant les dates importantes de l’histoire du rosicrucianisme et de l’ésotérisme et un index des noms de personnes.

Mon avis : Un ouvrage très intéressant, documenté et fouillé

Idéal donc pour qui s’intéresse au mouvement de la Rose-Croix, en particulier à son histoire. Histoire qui bien sûr nous introduit aussi aux idées de la Rose-Croix.
Le livre est donc écrit par un certain Christian Rebisse aux initiales C.R. comme Christian Rosenkreutz, le héros mythique du roman ésotérique et initiatique  « Les noces chymiques de Christian Rosenkreutz » En fait Christian Rose-Croix pour dire les choses clairement. Ce livre aurait été écrit par John Valentin Andrae. Mais en fait Harvey Spencer Lewis, le fondateur, début XXième, de l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix,  attribue son écriture au cercle de Thubingen, auquel John Valentin Andrae appartenait. « Les noces chymiques de Christian Rosecroix » appartient à une trilogie de textes, la fama fraternitais et la confessio fraternitatis, textes et manifestes révélateurs du mouvement de  publiés au XVIIième siècle et qui appelaient à une réforme générale du monde, tant celui-ci allait mal et semblait envahi par l’obscurantisme, et les guerres de religion. Ces textes connurent un immense écho auprès des élites européennes.

Dans l’ouvrage présent, on peut donc supposer sans trop de risques de se tromper que ce livre « Rose-Croix, histoire et mystères » est écrit par un collège de rosicruciens très avancés appartenant à l’AMORC (Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix) et ayant accès à des archives importantes. On peut noter aussi que de façon significative, le nom de l’auteur « Rebisse » renvoie au terme d’alchimie « Rebis », autre nom de la pierre philosophale. Cette observation nous permet de comprendre que le processus initiatique et symbolique rosicrucien possède des analogies avec le processus alchimique. Processus qui est d’ailleurs détaillé dans les noces chymiques.

Le livre retrace l’historique depuis la tradition primordiale qui serait liée en particulier à des écoles de Mystère Égyptiennes. Il développe aussi de manière très très précise la floraison de mouvement rosicruciens ce qui ne laisse pas d’inquiéter. En effet, ça me donnait l’impression que n’importe qui pouvait créer un mouvement ayant soi-disant des origines très anciennes. C’est à mettre en lien aussi avec l’Egyptosophie très à la mode fin XIXième siècle début XXième et ce qui éclaire d’un jour particulier l’enseignement de l’AMORC, la principale obédience rosicrucienne actuelle et qui, justement, se réclame d’une filiation avec les écoles de mystère égyptiennes. Il ne s’agit pourtant pas de remettre en cause la valeur de ces enseignements très riches.
Mais si un non-initié lit ce livre, il pourrait se demander à bon droit s’il existe des preuves de cette filiation avec le mysticisme Égyptien ou est-ce une pure fable ?
Après avoir été mandaté par des rosicruciens français, Harvey Spencer Lewis a fondé en 1909  l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (AMORC). Disons que naturellement on se demande si Harvey Spencer Lewis a le profil et le passé d’un imposteur. Ce n’est clairement pas le cas. Et on peut regarder aussi si les enseignements de l’AMORC sont en harmonie, en cohérence avec la pensée d’Hermès Trismegiste (c’est à dire le corpus hermeticum en particulier) ce qui est clairement le cas. On est obligés de penser qu’Harvey S Lewis n’a pu inventer tout seul cet enseignement ce qui renforce l’impression même pour le sceptique qu’il était bien accompagné et par des personnes qui avaient une connaissance ésotérique précise, précieuse et ancienne.
C’est une question redoutable à laquelle le livre n’apporte pas de réponse. Il est par ex très facile de retracer la filiation des Maîtres Zen depuis le fondateur. Ici la chaine de transmission avant Harvey Spencer Lewis (le fondateur de l’AMORC) est pour le moins floue, qui peut plus est si on veut remonter jusque l’Égypte Ancienne ! Mieux vaut alors s’intéresser à Harvey Spencer Lewis et apprécier sa valeur en dehors de toute filiation supposée, et surtout aux enseignements délivrés dont il n’est pas le créateur en tant que tel mais le dépositaire. A noter que Harvey Spencer Lewis n’a jamais été de près ou de loin un gourou ni considéré comme tel. Il est dépositaire et transmet des enseignements qui lui ont été transmis.
Pourtant le fait que le livre expose en toute clarté ces mouvements et leur inauthenticité vraisemblable est en soi une qualité, une manière de dire que le rosicrucien doit aimer les enseignements pour ce qu’ils sont et non pour leur origine « traditionnelle » (et en fait pas historique ce qui est quand même très tendancieux comme concept, car alors où se trouve la vérité ? N’est-ce pas un tour de passe-passe habile dont le chercheur sincère se passerait bien ?)
Quoi qu’il en soit, pour éprouver la valeur de la spiritualité rosicrucienne, je conseillerais plutôt au profane « l’ontologie des Rose-Croix » de Serge Toussaint ou « L’ideal éthique des Rose-Croix » du même auteur et grand Maître de la loge francophone ou encore « L’ Ordre de la Rose – Croix A. M. O. R. C. en Questions » .

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