Anecdotes sur le chemin de St Jacques 2022 (partie 1)

Résumé des épisodes précédents :

Pour celles et ceux nombreux qui ont raté tous les épisodes :), je récapitule, depuis 2018, je parcours le Chemin de St Jacques depuis ma bonne ville de Metz. J’opère par tronçons, car mon travail, entre autres, ne me laisse pas le loisir de faire plus d’une dizaine de jours. J’ai donc fait Metz-Toul, Toul-Contrexeville, Contrexeville-Langres, Langres-Is sur Tille (passage particulièrement difficile car peu de point d’eau, de ravitaillement et de logement, plus canicule), Is sur Tille – Flavergny sur Ozerain (où j’ai pris le temps de faire une retraite riche d’enseignement dans un monastère), et Flavigny sur Ozerain-le Vézelay (en m’arrêtant dans deux jolies villes historiques Semur en Auxois et Avallon (petite préfèrence pour celle-là)).

Et donc cette année en 2022, je partais de Le Vézelay, point de départ proprement dit d’une des voies de St Jacques : la via Lemovicensis (voie Limousine en latin) pour arriver à Nevers. Je choisis de partir le 18 juin pour être près du solstice d’été, dans une sorte de symbole de la lumière physique et spirituelle à son maximum, et de plus, ça me permet de commencer à marcher très tôt, ce qui, on le verra par la suite, fut un avantage considérable.

En 2004, j’avais déjà effectué le très beau tronçon entre Le Puy en Velay et Conques qui traverse la moyenne montagne d’Auvergne (Via Podiensis ).

Première anecdote :

Pour rejoindre le Vézelay cette année, je partis dans un premier temps en car depuis Metz jusque Paris où je logeai chez les sœurs bénédictines de la basilique du sacré cœur.
Vue depuis le dortoir :

Dortoir_basilique_Sacré_Coeur_Montmartre

Premier jour je parle avec une bonne sœur à la basilique de Montmartre. Je discute à propos de ma foi chrétienne et je lui dis que je crois dans le message du Christ et que c’est un exemple inspirant mais que je ne crois pas en un Dieu bienveillant mais impassible (à la fois bon et mauvais ou ni bon ni mauvais). Elle m’explique que ma foi est « Cristo-centrée » et m’avoue aussi que parfois elle a du mal à croire en Dieu et que les doutes sont bien normaux… Dans ces moments-là, elle demande avec force à Dieu de se manifester. Et le lendemain elle a souvent des signes dans la vie. Ne serait-ce pas de l’autosuggestion ?

Elle m’explique aussi que sa foi était aussi d’abord Christocentrée et puis qu’elle a fini par rencontrer le Père et ensuite Marie, ce qui m’interroge. En fait pour rencontrer la Vierge Marie il faudrait qu’il y ait des textes autres que ceux parcimonieux des Évangiles canoniques, sinon comment la rencontrer (à moins de s’appeler Bernadette:p) ?

A la rigueur, grâce à l’Évangile apocryphe de Marie (Madeleine), il est plus facile de rencontrer Marie-Madeleine, l’une des disciples préférées de Jésus. L’Évangile de Marie n’est pas un évangile Canonique mais un évangile apocryphe dont on situe la rédaction vers 150 ans après J.C. L’étymologie d’« apocryphe » n’est pas « faux » mais caché. C’est donc un des textes primitifs du christianisme. À souligner, que Marie-Madeleine n’était absolument pas une prostituée comme le reconnaît depuis quelque temps l’Église catholique, et en plus une amie intime de Jésus voire très intime puisqu’on parle dans l’évangile de Philippe (autre évangile apocryphe retrouvé à Naghammadi) de baiser… sur la bouche. Nous lisons ainsi :

« Le Seigneur aimait Marie plus que tous les disciples, et il l’embrassait souvent sur la bouche. Les autres disciples le virent aimant Marie et lui dirent : « Pourquoi l’aimes-tu plus que nous ?

Le Sauveur répondit et dit :

« Comment se fait-il que je ne vous aime pas autant qu’elle ? »

Ce passage est extrêmement crédible selon moi, car étant donné que la société était fortement patriarcale, même les évangélistes minoraient certainement le rôle des femmes. Donc pour que cet épisode soit relaté, c’est vraiment qu’il fallait qu’il fût essentiel.

Malheureusement, les croyances erronées ont la vie dure… En fait quand je réfléchis il me semble qu’on peut rencontrer le Père en contemplant la nature. Puisque dans la nature et dans notre vie, tout est l’œuvre d’un principe unique et que la nature est bonne (voir sa beauté) et mauvaise (voir sa cruauté) selon notre appréciation humaine ou alors ni bonne ni mauvaise si on prend les voies « impénétrables » de Dieu.

Ou de manière plus satisfaisante pour moi, notre monde met en œuvre deux principes opposés (notamment le Bien et le Mal (que je mets délibérément avec une majuscule lui reconnaissant un absolu tout comme le Bien) mais aussi complémentaires, et un principe unique qui est l’origine, la couronne du Tout, un cercle parfait au-delà de nos jugements (mais qu’on a toujours le droit de juger), et en même temps incessamment à l’œuvre et de toute éternité. Ce qui fait penser bien sûr au symbole chinois du ying et du yang dont je n’expliquerai pas toute la symbolique ici ^^. Et donc, dans nos observations, notre compréhension du monde globalement pas seulement matérielle, nous pouvons remonter à ce qu’IL EST de toute éternité.

J’ai pu aussi exposer mes vues hérétiques sur ma compréhension du christianisme digne des cathares ou des hérésies dualistes.

J’ai apprécié que la sœur ne me voue pas aux flammes de l’enfer et m’écoute en toute tolérance sans chercher à convaincre à tout prix. Ce fut un échange très intéressant et bien plus ouvert que face à certains jésuites avec lesquels j’ai discuté de manière beaucoup plus âpre (mais intéressant aussi) .
Vous voyez quelles pensées peuvent m’animer plus particulièrement pendant le chemin de St Jacques?:) En fait le Chemin est aussi de discuter avec des religieux, des pélerins pour échanger sur la compréhension du monde, la spiritualité. D’arrêter d’avoir le nez dans le guidon de la vie quotidienne et s’interroger sur ce mystère qui est notre vie.

Bref (comment ça, je ne suis pas si bref?), j’ai dormi, pour un prix modique et en tant que pèlerin de St Jacques dans la basilique du sacré cœur de Montmartre, mais en échange je devais participer au relais d’adoration (c’est-à-dire rester en silence pendant une heure devant la sainte hostie) qui dure toute la nuit jusqu’à 7h du matin, tradition propre à la basilique qui se perpétue depuis plus d’un siècle. Loin de la foule de touristes en journée, nous entamons un premier relais d’adoration de 23h à minuit dans une nef quasi déserte, occupée seulement par quelques personnes silencieuses. Cette nuit-là et, sans doute manière liée, je fis un rêve mystique où l’on me disait : « Pour voir la lumière, il faut voir jour ». Voir jour… renaître comme un bébé. Laisser tomber les habits du vieil homme. Voir jour et « rencontrer » « Dieu ».

 

Loin de la foule de touristes en journée, nous entamons un premier relais d’adoration de 23 h à minuit dans une nef quasi déserte, occupée seulement par quelques personnes silencieuses. Cette nuit-là et sans doute manière liée, je fis un rêve mystique où l’on me disait : « Pour voir la lumière, il faut voir jour ». Voir jour… renaître comme un bébé. Laisser tomber les habits du vieil homme. Voir jour et « rencontrer » « Dieu ».

Deuxième anecdote, deuxième jour, alors signe du destin ?

Alors que j’arrive depuis Paris en train  à la gare du Vézelay je me rends compte qu’il reste 10 km à faire. Heureusement il y avait seul taxi qui était là, en train de partir – avec à son bord un vieil américain qui écrivait une thèse sur le chemin de St Jacques (le truc improbable) – et qui a pu m’emmener.
Alors à votre avis, est-ce un signe ou simplement de l’autosuggestion ?

Quoi qu’il en soit, dans ma vie, je me dis qu’à certains moments cruciaux, à commencer par mon tout début de vie où j’ai failli mourir, la “vie” (ou mon ange gardien) veillait sur moi, et dans d’autres étapes importantes de ma vie. De manière qu’on peut considérer comme injuste, puisque tant d’innocents connaissent des circonstances de vie affreuses (par exemple les enfants atteints de cancer). Mais je ne vais pas râler, plutôt remercier la vie pour les bienfaits pour qu’elle m’octroie, n’est-ce pas ? Et toucher du bois accessoirement.

Hébergement de Ste Madeleine pour pèlerins  (puisqu’on en cause justement) :

Refuge_Ste_Madeleine_Vézelay_St_Jacques

Je discute avec un pèlerin français qui m’explique qu’à la fin du chemin de Saint-Jacques il était devenu athée et qu’il s’était senti soulagé. En discutant je me rends compte qu’il est soulagé parce qu’il n’attend plus rien de Dieu, mais il est d’accord avec moi pour dire que Jésus est un très bon exemple à suivre, et qu’en fait il croit en Dieu, c’est-à-dire une force supérieure mais impassible.

En fait, je l’ai influencé dans sa réflexion, ou du moins je l’ai aidé à approfondir tout comme la sœur l’avait fait avec moi.

De mon point de vue, on peut prier de manière efficace et concentrée mais laisser le résultat dans les mains de Dieu ou du principe de lumière (digne D’Ormuz, le dieu bienfaisant du zoroastrime) et ne plus se préoccuper de l’effet de la prière.

Il y a aussi un pèlerin suisse roman qui ne parle pas bien français et qui nous dit qu’il fait le Chemin pour casser la routine (ce qui est aussi mon cas).

Église du St Père moins connue que la basilique du Vézelay :

Eglise_St_Pere_Vézelay

Suite au prochain épisode où je ne marcherai plus seulement spirituellement mais aussi concrètement avec toute la rudesse du Chemin  (en sachant que je pourrais beaucoup plus en dire mais ce serait interminable d’où ce style télégraphique)…

Statuette de St Jacques présente dans la cour intérieure du gîte pour pèlerins :

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« Albigeois et cathares », de Fernand Niel, chronique

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Présentation :
« L’hérésie albigeoise qui se développa dans le midi de la France aux XIIe et XIIIe siècles est une manifestation locale d’un mouvement hétérodoxe beaucoup plus important et ancien, le catharisme. Religion à part entière, il fut pourtant considéré comme hérétique par l’Église catholique et éradiqué au prix de 45 années de guerre au terme desquelles le royaume de France s’agrandit considérablement et l’Église renforça sa puissance.
Cet ouvrage décrit l’originalité de la religion cathare, ses fondements ainsi que les spécificités albigeoises. Il relate la répression sanglante qui a été menée contre leurs adeptes par le pouvoir central et l’Église. »

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Mon avis sur ce livre très intéressant :
« C’est un livre très intéressant et synthétique qui même s’il expose des détails historiques s’attache plutôt à décrire les doctrines et les grandes évolutions historiques des différents mouvements.
Les origines du catharisme et des hérésies dualistes chrétiennes sont à chercher du côté du zoroastrisme puis de Mani et les sectes gnostiques. Mais à dire vrai, Platon aussi évoquait un démiurge…
Le zoroastrisme professe qu’il existe deux principes : le bien personnifié par Ormuzd, le principe de lumière (Ahura Mazda) et le mal, Ahriman avec la victoire finale d’Ormuzd. Le zoroastrisme aurait influencé les croyances juives transcrites dans l’Ancien Testament. La logique interne à toutes les créations de ces mouvements est de trouver une réponse à l’existence du mal dans notre monde. Comment peut-il exister autant de mal, de souffrance dans notre monde si Dieu est bon ?
A travers les persécutions, les sectes gnostiques subissent un sort atroce somme toute logique en étant cynique puisqu’elles professent que le monde est mauvais et méchant. Leur massacre en est une preuve parmi bien d’autres… Elles s’y confrontent par le biais de multiples persécutions menées par les institutions zoroastriennes puis chrétiennes « droites et dogmatiques », du moins considérées comme justes dans leurs dogmes. Ce sont des persécutions « barbares » comme le répète plusieurs fois l’auteur. Les barbares ne sont pas forcément ceux que l’on croit, n’est-ce pas ?
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C’est une ironie tragique du destin que ces deux religions perpètrent de tels crimes alors que l’une a enseigné la victoire finale du bien sur le mal (zoroastrisme), l’autre la victoire de l’amour sur la haine, du pardon (la religion chrétienne). Quand on songe à la passion du Christ, on se dit facilement que ces chrétiens qui se disent orthodoxes ont endossé le rôle des bourreaux de Jésus. On se dit aussi que ce sont les créations d’institutions religieuses qui viennent pervertir le message initial. Comme toute institution, elles cherchent à garder leur pouvoir et à l’étendre, c’est un principe interne et naturel.
La principale victime étant le manichéisme au IIIème siècle avec des massacres et tortures innombrables (et bien des siècles avant la création de l’inquisition donc).
Le manichéisme (mené par le prophète Mani ou Manès) se présente comme un syncrétisme du zoroastrisme, du christianisme et même du bouddhisme. Il existe deux principes le bien et le mal. Le mal existe par rapport au bien comme la maladie par rapport à la santé. Jésus est une sorte d’ange (d’éon) envoyé par le Ciel pour indiquer le chemin. Mani croit dans la métempsychose (réincarnation). Deux catégories de personne : les élus qui se soumettent à une ascèse, et les auditeurs qui sont de simples croyants et mènent une vie rythmée par certains rites. Le but des élus est d’atteindre le nirvana (concept bouddhiste donc) au bout de plusieurs incarnations, peut-on supposer.
La matière est l’œuvre du démon, il est donc nécessaire de s’en détacher. Le corps est une prison pour l’âme d’origine divine. En toute logique, si le monde était peuplé d’élus, le but serait l’extinction de l’espèce humaine et la réintégration dans la sphère céleste. Bien sûr ça ne risque pas d’arriver. L’élu ne doit participer en aucun manière à la marche du monde, que ses œuvres soient considérées comme bonnes ou mauvaises, ce qui induit même de ne pas semer pour récolter ni élever de bêtes pour manger par ex.
Pour les bogomiles (hérésie antérieure au catharisme), Satan est aussi un fils de Dieu, l’aîné qui s’est rebellé par orgueil. Chez les dualistes, on peut distinguer un dualisme absolu, et un autre plus mitigé (mais bon ça reste relatif).
Dualisme absolu. Le monde terrestre est l’œuvre du démon. Rejet des sacrements car réalisés avec de l’eau, du pain, du vin donc de la matière qui est issue de l’œuvre du démon. Ascèse rigoureuse pour se dégager de ce monde.
Dualisme mitigé. A l’origine, un monde spirituel et puis Satan etc.
Dans les deux cas, le monde sensible n’est pas l’œuvre de Dieu.
Le corps est la demeure de l’âme, et l’âme demeure de l’esprit (conception valentinienne)
L’âme est la partie créée et l’esprit l’étincelle divine.
Il y a une filiation avec les hérésies bogomiles et encore plus loin le manichéisme, le prophète Manes, et la pensée cathare. Mouvement du XIIème siècle et XIIIème. Les cathares sont dualistes et croient en la métempsychose (ces deux éléments expliquant leur presqu’indifférence à la perspective de mourir).
Les cathares n’accordent aucune réalité au monde sensible. Défaite de l’homme primordial qui a entraîné la création du monde. Le passage sur terre, la vie devient une épreuve. On retrouve la notion d’enfer terrestre des pythagoriciens et manichéens. Le monde céleste est le seul monde réel.
Le Christ ne s’est incarnée qu’en apparence. Le Christ ne s’est fait homme qu’en apparence.
Les cathares prêchent n’importe où, bois, châteaux ou dans les maisons des auditeurs. La pratique est constituée de prières, jeûnes prolongés, surtout des sermons au cours desquels la doctrine était expliquée.
Confession publique : apparellamentum.
Rite du consolamentum. C’est quand on veut passer d’auditeur à « parfait ». L’impétrant prends divers Engagements : envers les Évangiles et donc le Christ, ne plus manger de viande, œufs, fromage, seulement végétaux ou poisson. Et pas de commerce charnel. Récitation du pater et imposition des mains.
On peut parler à propos des cathares de neomanichéisme. Et comme tel, comme une malédiction, ils connaîtront la répression et l’horreur. L’histoire se répète.
Le terme « cathare » vient du grec catharos qui veut dire pur.
Pour plus de renseignement, « summa de catharsis et leonistis » de Raynier Sacchoni.
Les bonshommes sont connus pour parcourir de longues distances à pied ou à dos de mulet, c’en est presque légendaire. « C’étaient d’infatigables marcheurs, et l’on se demande comment ils trouvaient dans leur corps squelettique, des ressources suffisantes pour accomplir de véritables exploits
Les cathares plutôt que de renier leur foi, de se convertir, se jettent dans les bûchers en chantant.
Catharisme et troubadours, curieusement, trouvent des points de jonction en Occitanie. Le catharisme est très populaire dans toutes les couches des populations (pauvres, nobles et chevaliers du sud compris) notamment à cause de l’ascèse et de la pauvreté volontaire des « parfaits », des « bonshommes », des frères à la voix douce.
L’action de Simon de Montfort pour détruire les cathares est longuement exposée.
Armée de 300 000 hommes pour massacrer les cathares et leurs protecteurs.
La croisade contre les Albigeois aurait fait un million de victimes et a duré près de 50 ans.  »
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« Rose-Croix, histoire et mystère » de Christian Rebisse, chronique

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Présentation :
Cet ouvrage offre une étude très complète du rosicrucianisme, tant sous l’angle traditionnel qu’historique et tente d’apporter une réponse à ces deux questions : qui sont les Rose-Croix ? D’où viennent-ils ? Pour certains, l’ordre de la Rose-Croix, né à l’époque des pharaons, aurait ensuite recueilli l’héritage des pythagoriciens, des mystères d’Eleusis, des mages de Perse, des Esséniens, des templiers… Pour d’autres, il ne serait qu’une légende. Pour d’autres encore, il s’agirait d’une fraternité appartenant aux mondes invisibles. Cette étude très complète nous conduit, depuis l’Égypte et la Tradition primordiale, dans les pas d’Hermès Trismégiste et de Christian Rosenkreutz jusqu’à l’époque contemporaine où la Rose-Croix contribue à l’élévation de l’humanité et propose à ses contemporains de regarder au-delà du monde des apparences, pour tenter de découvrir la présence du Divin. Ce livre inclut une bibliographie thématique, un tableau chronologique reprenant les dates importantes de l’histoire du rosicrucianisme et de l’ésotérisme et un index des noms de personnes.

Mon avis : Un ouvrage très intéressant, documenté et fouillé

Idéal donc pour qui s’intéresse au mouvement de la Rose-Croix, en particulier à son histoire. Histoire qui bien sûr nous introduit aussi aux idées de la Rose-Croix.
Le livre est donc écrit par un certain Christian Rebisse aux initiales C.R. comme Christian Rosenkreutz, le héros mythique du roman ésotérique et initiatique  « Les noces chymiques de Christian Rosenkreutz » En fait Christian Rose-Croix pour dire les choses clairement. Ce livre aurait été écrit par John Valentin Andrae. Mais en fait Harvey Spencer Lewis, le fondateur, début XXième, de l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix,  attribue son écriture au cercle de Thubingen, auquel John Valentin Andrae appartenait. « Les noces chymiques de Christian Rosecroix » appartient à une trilogie de textes, la fama fraternitais et la confessio fraternitatis, textes et manifestes révélateurs du mouvement de  publiés au XVIIième siècle et qui appelaient à une réforme générale du monde, tant celui-ci allait mal et semblait envahi par l’obscurantisme, et les guerres de religion. Ces textes connurent un immense écho auprès des élites européennes.

Dans l’ouvrage présent, on peut donc supposer sans trop de risques de se tromper que ce livre « Rose-Croix, histoire et mystères » est écrit par un collège de rosicruciens très avancés appartenant à l’AMORC (Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix) et ayant accès à des archives importantes. On peut noter aussi que de façon significative, le nom de l’auteur « Rebisse » renvoie au terme d’alchimie « Rebis », autre nom de la pierre philosophale. Cette observation nous permet de comprendre que le processus initiatique et symbolique rosicrucien possède des analogies avec le processus alchimique. Processus qui est d’ailleurs détaillé dans les noces chymiques.

Le livre retrace l’historique depuis la tradition primordiale qui serait liée en particulier à des écoles de Mystère Égyptiennes. Il développe aussi de manière très très précise la floraison de mouvement rosicruciens ce qui ne laisse pas d’inquiéter. En effet, ça me donnait l’impression que n’importe qui pouvait créer un mouvement ayant soi-disant des origines très anciennes. C’est à mettre en lien aussi avec l’Egyptosophie très à la mode fin XIXième siècle début XXième et ce qui éclaire d’un jour particulier l’enseignement de l’AMORC, la principale obédience rosicrucienne actuelle et qui, justement, se réclame d’une filiation avec les écoles de mystère égyptiennes. Il ne s’agit pourtant pas de remettre en cause la valeur de ces enseignements très riches.
Mais si un non-initié lit ce livre, il pourrait se demander à bon droit s’il existe des preuves de cette filiation avec le mysticisme Égyptien ou est-ce une pure fable ?
Après avoir été mandaté par des rosicruciens français, Harvey Spencer Lewis a fondé en 1909  l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (AMORC). Disons que naturellement on se demande si Harvey Spencer Lewis a le profil et le passé d’un imposteur. Ce n’est clairement pas le cas. Et on peut regarder aussi si les enseignements de l’AMORC sont en harmonie, en cohérence avec la pensée d’Hermès Trismegiste (c’est à dire le corpus hermeticum en particulier) ce qui est clairement le cas. On est obligés de penser qu’Harvey S Lewis n’a pu inventer tout seul cet enseignement ce qui renforce l’impression même pour le sceptique qu’il était bien accompagné et par des personnes qui avaient une connaissance ésotérique précise, précieuse et ancienne.
C’est une question redoutable à laquelle le livre n’apporte pas de réponse. Il est par ex très facile de retracer la filiation des Maîtres Zen depuis le fondateur. Ici la chaine de transmission avant Harvey Spencer Lewis (le fondateur de l’AMORC) est pour le moins floue, qui peut plus est si on veut remonter jusque l’Égypte Ancienne ! Mieux vaut alors s’intéresser à Harvey Spencer Lewis et apprécier sa valeur en dehors de toute filiation supposée, et surtout aux enseignements délivrés dont il n’est pas le créateur en tant que tel mais le dépositaire. A noter que Harvey Spencer Lewis n’a jamais été de près ou de loin un gourou ni considéré comme tel. Il est dépositaire et transmet des enseignements qui lui ont été transmis.
Pourtant le fait que le livre expose en toute clarté ces mouvements et leur inauthenticité vraisemblable est en soi une qualité, une manière de dire que le rosicrucien doit aimer les enseignements pour ce qu’ils sont et non pour leur origine « traditionnelle » (et en fait pas historique ce qui est quand même très tendancieux comme concept, car alors où se trouve la vérité ? N’est-ce pas un tour de passe-passe habile dont le chercheur sincère se passerait bien ?)
Quoi qu’il en soit, pour éprouver la valeur de la spiritualité rosicrucienne, je conseillerais plutôt au profane « l’ontologie des Rose-Croix » de Serge Toussaint ou « L’ideal éthique des Rose-Croix » du même auteur et grand Maître de la loge francophone ou encore « L’ Ordre de la Rose – Croix A. M. O. R. C. en Questions » .

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Au fin fond de la décadence – chronique de « A rebours » de Huysmans

« A rebours » de l’écrivain Huysmans est l’histoire d’un mec euh d’un aristocrate, Des Esseintes, dernier rejeton décadent d’une famille de ducs. Misanthrope, élitiste, amoureux contrarié de la beauté du monde ; tous les plaisirs plus ou moins frivoles que peut lui offrir le « mondain » (notamment les femmes mais ce n’est qu’un exemple) lui semblent à un moment de sa vie totalement vains et sans saveur. Tout est vanité, n’est-ce pas.
Il forme alors le projet de se retirer de la société, il va vendre château et dépendances pour s’aménager non pas une cellule de moine mais un logement cossu qui correspondra en tous points à ses goûts très perfectionnistes, aristocratiques, d’homme de goût. Là où le moine visera le dépouillement le plus absolu, au contraire le narrateur s’attachera à cerner au mieux et avec des recherches des plus raffinées quels meubles, quelles tapisseries vont décorer son intérieur. Quel arrangement intérieur sera le plus à même de satisfaire l’envie de beau de son for intérieur ?
Tout devra être dans une totale harmonie des couleurs, même les plus subtiles, sachant que le narrateur vit la nuit et dort le jour pour ainsi dire et donc que la lumière qui anime les couleurs est rarement celle directe du jour. La moindre faute de goût est pour lui source de souffrances réelles, de ruminations interminables, ressassant d’autant plus qu’il n’a personne à qui parler puisqu’il s’est éloigné de toute compagnie (forcément indigne de sa personne) et que ses domestiques sont pour ainsi dire tenus au silence et doivent être le plus discret possible jusqu’à l’invisibilité.
Pourtant, malgré cette misanthropie et cette asociabilité maladives, le narrateur m’est resté sympathique. Mais est-ce vraiment contradictoire ou surprenant ?

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Dans un premier temps, je pouvais croire que le programme du narrateur rejoignait les pensées de Schopenhauer quand ce dernier dit par ex :

«  »Un homme plein d’esprit, jusque dans la solitude la plus profonde, trouvera dans ses propres pensées et ses fantaisies une distraction parfaite, tandis que le changement continuel apporté par la société, le spectacle, les promenades, les fêtes sera incapable de repousser l’ennui qui torture les imbéciles.  »

Ou encore quand Schopenhauer développe son concept de contemplation esthétique, « contemplation paisible, détachée de toute réflexion comme de tout désir, de l’ensemble des objets du monde ».

Or, s’il y a bien des points de rencontre évidents avec Schopenhauer, force est de constater que notre narrateur n’est pas du tout détaché, bien au contraire, il est hypersensible, et la rusticité, le manque de beauté, de délicatesse du monde, et pire encore sa vulgarité, le blessent terriblement.

Notre narrateur aimerait atteindre un bonheur sans nuages en s’entourant d’objets tous plus recherchés les uns que les autres (de livre, d’alcools recherchés, de parfums, de tableaux, etc. ) qui satisferaient enfin son désir de Beauté et peut-être pour toujours. C’est un peut-être un programme à la Platon sous-jacent…
Mais las ! Tout casse, tout lasse. Tout finit par le lasser, et après l’enthousiasme, le plaisir, la satisfaction, viendra inéluctablement l’ennui, et sa quête ou sa poursuite folle et illusoire reprendra… Mais peut-elle durer éternellement ? Peut-elle se renouveler perpétuellement dans un va et vient constant de contentements éphémères ? Là où le moine essaie d’arrimer son esprit à un unique objet qui plus est abstrait et éternel, notre narrateur déplace son désir sur des objets tous périssables d’une manière ou d’une autre ou dont le rendement de contentement est forcément décroissant pour paraphraser Stuart Mill.

En quelque sorte, le narrateur après s’être détaché des plaisirs du monde et notamment des femmes, cherche le nectar des sens (vision avec les peintures, odorat avec les parfums, les fleurs d’essences rares, plaisirs du palais avec les alcools, le toucher est peu évoqué quoique si avec le vent sur la peau ou la pluie, la chaleur du soleil) et le nectar de l’intellect (avec les livres notamment et ses appréciations esthétiques), on peut avancer qu’il est dans une quête totale et sans retour du Beau au sens où pourrait l’entendre Platon.
Dans cette perspective, le cheminement du narrateur ou antihéros serait de partir de la forme de beauté la plus sensible comme le corps d’une femme pour conquérir au tout dernier barreau de l’échelle le Beau purement abstrait et éternel par une distillation, un raffinement progressif des attraits physiques, sensitifs, intellectuels, moraux et enfin spirituels. C’est l’échelle de l’amour du Beau vantée par Diotime à Socrate (cf le banquet de Platon) qui amène à la contemplation du Beau en soi et de manière ineffable. Du moins je le ressens comme ça.
Cette quête est si entière qu’elle met en danger forcément la santé mentale du narrateur. Car que se passe-t-il si le narrateur n’arrive pas à trouver son bonheur dans sa démarche ? Il se saborde, il ne reste plus rien à se raccrocher après avoir renié plaisirs d’amitié et d’amour, avoir dénié toute valeur aux échanges avec la société quels qu’ils soient, avoir épuisé tous les plaisirs intellectuels ou artistiques, s’être lassé de toutes les recherches spirituelles. Au fond, pourquoi continuer de vivre si la vie n’offre plus aucune satisfaction ?

En fait, on pourrait dire que notre narrateur est dans une approche tantrique de la vie (enfin il fait du tantrisme comme le bourgeois gentilhomme sans le savoir), en ne cherchant pas à s’évader du monde mais au contraire en essayant de le ressentir avec la plus grande précision et intensité. A jouir de la vie dans le moindre de ses aspects. C’est une approche tout sauf indifférente (pas exactement à l’opposé du bouddhisme ceci dit), et c’est bien ce qui pourrait malgré tout le sauver. Au fin fond de la décadence, l’espérance en définitive. Celle qui nous fait vivre, ou qui, déçue, nous coulera par le fond.

Sur le plan de la démarche littéraire, Huysmans avec ce livre veut se déclarer en pleine rupture ontologique on pourrait dire avec le naturalisme prôné par Zola, Balzac, etc., et même le romantisme. Huysmans réduit le chant euh le champ de sa narration à un unique protagoniste dont la subjectivité très particulière en quête d’illumination quelque part sera la seule matière du livre. Une sorte de solus ipse.
J’ai eu un premier choc littéraire en lisant du côté de chez Swann de Proust (publié en 1906), il y a quelques années. Je pensais qu’il était unique. Et en fait en lisant Huysmans, je me dis que Proust avait en fait un semblant de précédent avec Huysmans qui a publié « A rebours » en 1884. Comme quoi en tant qu’autodidacte, il faut se garder des jugements mais toujours garder à l’esprit que notre culture n’est pas totale et qu’il peut manquer des pans entiers de connaissance pour avoir des opinions artistiques réellement valables ou du moins correctement construites. Pourtant le ressenti, la fraîcheur demeurent intéressants et uniques ce que possèdera sans doute moins le diplômé en lettre qui sera influencé dans sa manière de lire par la pensée des professeurs, les notions qu’il ingurgite etc. 

On comprend mieux aussi les liens entre Schopenhauer, Huysmans et Houellebecq. Huysmans de temps en temps fait référence dans son œuvre à Schopenhauer.

Ce roman est aussi l’occasion de découvrir le mouvement « décadent » en littérature dont « A rebours » est l’un des joyaux les plus iconoclastes. Au sujet de ce mouvement, voici ce qu’on peut lire dans wikipedia :

« Toutefois, c’est avec la publication des Essais de psychologie contemporaine de Paul Bourget en 1883 que le mouvement décadent commence à se définir. Face au sentiment de déliquescence qui l’habite, une génération d’artistes se reconnaît dans son analyse de la névrose des maîtres contemporains2.

Marqué dès 1884 par la parution du Crépuscule des dieux d’Élémir Bourges et d‘À rebours de Joris-Karl Huysmans, le mouvement se définit par sa « désespérance teintée d’humour et volontiers provocatrice »2. »

Revenons à notre roman, Des Esseintes est allé au bout de sa démarche de vivre pour soi-même, de sa quête (de sa névrose ? Terme de plus en plus fourre-tout, qui parfois en vient à ne plus signifier grand-chose dans la bouche de beaucoup de personnes) en s’entourant de « beaux » mais sans trouver le « Beau » ; seul, physiquement et nerveusement à bout de forces (pour le physique, il faut bien avouer que Des Esseintes néglige totalement cet aspect-là de « la chose » (comme dirait un Martiniste) sans doute considéré comme trop indigne, et bien à tort, de lui), il déménage, suivant les conseils de son docteur, une nouvelle (et dernière fois, on peut l’imaginer) pour revenir au centre de Paris et s’immerger dans le bruit de la capitale censé le ramener à la vie.
Mais ceci est une autre histoire.

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« A la recherche d’un monde perdu, l’Atlantide et ses traditions », livre décevant mais intéressant

Tout d’abord, la quête de l’Atlantide s’assimile à une quête des origines. Les origines de notre humanité (en tant que pensée et conscience), nous avons des noms, Egypte, Grèce, Mésopotamie, etc., l’Atlantide étant dans cette optique, l’ultime origine. Ce que dans les milieux ésotériques, nous dénommons « Tradition primordiale ». Pourtant, bien évidemment, quand bien même nous prouverions l’existence de cette civilisation à qui l’on prête toutes les qualités scientifiques, techniques, morales, mystiques, spirituelles (comme le laisse entendre le récit (et non le mythe) de Platon)), on pourrait toujours se demander : D’accord mais alors avant l’Atlantide ? D’où viennent leurs connaissances ? D’extraterrestres comme dans le film Prometheus de Riddley Scott ou comme l’allègue Raël (sourire) ? Bref, on ne s’en sort pas. Je pense qu’en fait une quête des origines s’apparente plus à une quête de l’originel dans ce qui fait notre humanité, c’est-à-dire avant tout la conscience de soi et du monde et de notre rapport à Ce qui nous dépasse. Mais cette quête se situe dans notre intérieur, hors du temps et de l’espace, m’est avis. (aparté entièrement personnel).

Revenons à note bouquin. J’avais un a priori très favorable voire enthousiaste car j’aime beaucoup la personnalité de l’auteur, Paul Le Cour, fondateur de la revue Atlantis au début du XXᵉ siècle. Cette revue a très certainement beaucoup contribué dans une forme de salon intellectuel de connaissances ou de recherches plus ou moins ésotériques à l’époque (avec Papus, Canseliet, Jacques d’Arès, Julien Champagne…). D’ailleurs le symbole de cette revue est Poséidon avec son trident, ce Dieu étant totalement associé à l’Atlantide. J’ai donc acquis cette édition de 1931 (une rareté), pensant découvrir un livre « révélation » (et non révélations au sens scoop, quoique)
Pourtant, malgré cet a priori très favorable, je fus rapidement déçu, beaucoup d’assertions reposent sur pas mal de spéculations que l’auteur semble vouloir trop facilement transformer en preuves.

Or, dans ce domaine, il faut être très prudent.

Par ex, Paul Le Cour fait une véritable confusion à un moment entre le zoroastrime ou mazdéisme qui date d’au moins 1500 ans avant notre ère et le manichéisme qui date du 2ième siècle après J.-C. (et qui se présente comme un syncrétisme très inspirant du zoroastrime, du christianisme et même du bouddhisme). Toutefois, la relation qu’il tire entre les aspects dualistes (existence d’un bien et d’un mal dans le mal) et le symbole du caducée de Mercure ou Hermès (avec les deux serpents qui se font face autour du bâton dressé) est intéressante.On apprend à cette occasion que dans la tradition hérmétique St Jean est assimilé à Lucifer (lux fero, porteur de lumière (mon ajout))

J’ai donc tout de même essayé de tirer des choses intéressantes de cette lecture.

Tout d’abord ce passage p. 127 :

« Les sages de cette époque lointaine savaient que la retenue sensuelle développait la puissance spirituelle et pouvait faire atteindre à une vie nouvelle toute illuminative, la Vita nuova de Dante, la naissance à cette vie nouvelle est représentée depuis de longs siècles à travers le monde, en Europe, comme en Asie et en Amérique par l’image de la Vierge-mère tenant sur ses genoux l’enfant qu’elle a mis au monde sous l’action de l’Esprit. »

« La pierre de touche des œuvres humaines, c’est le désintéressement, or le désintéressement est un sacrifice volontaire. »

J’aime beaucoup cette notion de sacrifice qu’on peut méditer à plusieurs niveaux. Par ex faire le sacrifice d’attachements pour avancer dans une voie plus pure (ma pensée).

« D’autre part, la chasteté , est aussi un sacrifice volontaire, un renoncement à des désirs parfois puissants. »

« En résumé, selon la doctrine primordiale, les deux essentielles vertus à acquérir pour parvenir à la connaissance, à la révélation, sont pureté et l’esprit de sacrifice. »

Cette insistance sur le désintéressement peut se rapprocher sans difficultés du « mushotoku » (sans but ni esprit de profit en japonais) prôné par le bouddhisme Zen. Rien que pour ces 3 passages, ça valait le coup de lire ce livre (ma pensée).

Par contre, je n’ai pas bien vu avec le lien avec cette doctrine primordiale dont à dire vrai, je n’ai pas vu de contours précis dans cet ouvrage sauf à considérer que toutes les traditions spirituelles ont une même origine qui se trouve dans une même « tradition primordiale ». Mais alors l’Atlantide serait plus une sorte d’image symbolique d’un monde originel qui n’a pas vraiment besoin de dimension réellement historique et factuelle, puisque selon Jung, il existe une fonction religieuse dans la pysché humaine qui sourd en chaque être humain et que chacun peut retrouver (ma pensée).

On pourra peut-être avoir une meilleure connaissance de l’Atlantide et de la « Tradition Primordiale » en s’affiliant à des ordres initiatiques comme la Franc-Maçonnerie ou l’ordre de la Rose-Croix, c’est fort probable.

D’une manière synthétique, l’auteur parcourt donc les origines du langages, les traces qu’on pourrait trouver de la langue atlante, dans le grec, le celte, etc. Il en cherche aussi dans le domaine géographique (insistance sur le Yucatan) et l’étude de certains symboles dans les différentes traditions. Il dresse aussi un résumé très incomplet de divers écrits qui ont trait à l’Atlantide (avec évidemment celui de Platon). Il étudie aussi le lien entre la pensée de l’Atlantide et l’hermétisme.

En fait, ce livre donne des pistes à explorer plus que des faits acquis.

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