« Albigeois et cathares », de Fernand Niel, chronique

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Présentation :
« L’hérésie albigeoise qui se développa dans le midi de la France aux XIIe et XIIIe siècles est une manifestation locale d’un mouvement hétérodoxe beaucoup plus important et ancien, le catharisme. Religion à part entière, il fut pourtant considéré comme hérétique par l’Église catholique et éradiqué au prix de 45 années de guerre au terme desquelles le royaume de France s’agrandit considérablement et l’Église renforça sa puissance.
Cet ouvrage décrit l’originalité de la religion cathare, ses fondements ainsi que les spécificités albigeoises. Il relate la répression sanglante qui a été menée contre leurs adeptes par le pouvoir central et l’Église. »

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Mon avis sur ce livre très intéressant :
« C’est un livre très intéressant et synthétique qui même s’il expose des détails historiques s’attache plutôt à décrire les doctrines et les grandes évolutions historiques des différents mouvements.
Les origines du catharisme et des hérésies dualistes chrétiennes sont à chercher du côté du zoroastrisme puis de Mani et les sectes gnostiques. Mais à dire vrai, Platon aussi évoquait un démiurge…
Le zoroastrisme professe qu’il existe deux principes : le bien personnifié par Ormuzd, le principe de lumière (Ahura Mazda) et le mal, Ahriman avec la victoire finale d’Ormuzd. Le zoroastrisme aurait influencé les croyances juives transcrites dans l’Ancien Testament. La logique interne à toutes les créations de ces mouvements est de trouver une réponse à l’existence du mal dans notre monde. Comment peut-il exister autant de mal, de souffrance dans notre monde si Dieu est bon ?
A travers les persécutions, les sectes gnostiques subissent un sort atroce somme toute logique en étant cynique puisqu’elles professent que le monde est mauvais et méchant. Leur massacre en est une preuve parmi bien d’autres… Elles s’y confrontent par le biais de multiples persécutions menées par les institutions zoroastriennes puis chrétiennes « droites et dogmatiques », du moins considérées comme justes dans leurs dogmes. Ce sont des persécutions « barbares » comme le répète plusieurs fois l’auteur. Les barbares ne sont pas forcément ceux que l’on croit, n’est-ce pas ?
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C’est une ironie tragique du destin que ces deux religions perpètrent de tels crimes alors que l’une a enseigné la victoire finale du bien sur le mal (zoroastrisme), l’autre la victoire de l’amour sur la haine, du pardon (la religion chrétienne). Quand on songe à la passion du Christ, on se dit facilement que ces chrétiens qui se disent orthodoxes ont endossé le rôle des bourreaux de Jésus. On se dit aussi que ce sont les créations d’institutions religieuses qui viennent pervertir le message initial. Comme toute institution, elles cherchent à garder leur pouvoir et à l’étendre, c’est un principe interne et naturel.
La principale victime étant le manichéisme au IIIème siècle avec des massacres et tortures innombrables (et bien des siècles avant la création de l’inquisition donc).
Le manichéisme (mené par le prophète Mani ou Manès) se présente comme un syncrétisme du zoroastrisme, du christianisme et même du bouddhisme. Il existe deux principes le bien et le mal. Le mal existe par rapport au bien comme la maladie par rapport à la santé. Jésus est une sorte d’ange (d’éon) envoyé par le Ciel pour indiquer le chemin. Mani croit dans la métempsychose (réincarnation). Deux catégories de personne : les élus qui se soumettent à une ascèse, et les auditeurs qui sont de simples croyants et mènent une vie rythmée par certains rites. Le but des élus est d’atteindre le nirvana (concept bouddhiste donc) au bout de plusieurs incarnations, peut-on supposer.
La matière est l’œuvre du démon, il est donc nécessaire de s’en détacher. Le corps est une prison pour l’âme d’origine divine. En toute logique, si le monde était peuplé d’élus, le but serait l’extinction de l’espèce humaine et la réintégration dans la sphère céleste. Bien sûr ça ne risque pas d’arriver. L’élu ne doit participer en aucun manière à la marche du monde, que ses œuvres soient considérées comme bonnes ou mauvaises, ce qui induit même de ne pas semer pour récolter ni élever de bêtes pour manger par ex.
Pour les bogomiles (hérésie antérieure au catharisme), Satan est aussi un fils de Dieu, l’aîné qui s’est rebellé par orgueil. Chez les dualistes, on peut distinguer un dualisme absolu, et un autre plus mitigé (mais bon ça reste relatif).
Dualisme absolu. Le monde terrestre est l’œuvre du démon. Rejet des sacrements car réalisés avec de l’eau, du pain, du vin donc de la matière qui est issue de l’œuvre du démon. Ascèse rigoureuse pour se dégager de ce monde.
Dualisme mitigé. A l’origine, un monde spirituel et puis Satan etc.
Dans les deux cas, le monde sensible n’est pas l’œuvre de Dieu.
Le corps est la demeure de l’âme, et l’âme demeure de l’esprit (conception valentinienne)
L’âme est la partie créée et l’esprit l’étincelle divine.
Il y a une filiation avec les hérésies bogomiles et encore plus loin le manichéisme, le prophète Manes, et la pensée cathare. Mouvement du XIIème siècle et XIIIème. Les cathares sont dualistes et croient en la métempsychose (ces deux éléments expliquant leur presqu’indifférence à la perspective de mourir).
Les cathares n’accordent aucune réalité au monde sensible. Défaite de l’homme primordial qui a entraîné la création du monde. Le passage sur terre, la vie devient une épreuve. On retrouve la notion d’enfer terrestre des pythagoriciens et manichéens. Le monde céleste est le seul monde réel.
Le Christ ne s’est incarnée qu’en apparence. Le Christ ne s’est fait homme qu’en apparence.
Les cathares prêchent n’importe où, bois, châteaux ou dans les maisons des auditeurs. La pratique est constituée de prières, jeûnes prolongés, surtout des sermons au cours desquels la doctrine était expliquée.
Confession publique : apparellamentum.
Rite du consolamentum. C’est quand on veut passer d’auditeur à « parfait ». L’impétrant prends divers Engagements : envers les Évangiles et donc le Christ, ne plus manger de viande, œufs, fromage, seulement végétaux ou poisson. Et pas de commerce charnel. Récitation du pater et imposition des mains.
On peut parler à propos des cathares de neomanichéisme. Et comme tel, comme une malédiction, ils connaîtront la répression et l’horreur. L’histoire se répète.
Le terme « cathare » vient du grec catharos qui veut dire pur.
Pour plus de renseignement, « summa de catharsis et leonistis » de Raynier Sacchoni.
Les bonshommes sont connus pour parcourir de longues distances à pied ou à dos de mulet, c’en est presque légendaire. « C’étaient d’infatigables marcheurs, et l’on se demande comment ils trouvaient dans leur corps squelettique, des ressources suffisantes pour accomplir de véritables exploits
Les cathares plutôt que de renier leur foi, de se convertir, se jettent dans les bûchers en chantant.
Catharisme et troubadours, curieusement, trouvent des points de jonction en Occitanie. Le catharisme est très populaire dans toutes les couches des populations (pauvres, nobles et chevaliers du sud compris) notamment à cause de l’ascèse et de la pauvreté volontaire des « parfaits », des « bonshommes », des frères à la voix douce.
L’action de Simon de Montfort pour détruire les cathares est longuement exposée.
Armée de 300 000 hommes pour massacrer les cathares et leurs protecteurs.
La croisade contre les Albigeois aurait fait un million de victimes et a duré près de 50 ans.  »
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« Rose-Croix, histoire et mystère » de Christian Rebisse, chronique

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Présentation :
Cet ouvrage offre une étude très complète du rosicrucianisme, tant sous l’angle traditionnel qu’historique et tente d’apporter une réponse à ces deux questions : qui sont les Rose-Croix ? D’où viennent-ils ? Pour certains, l’ordre de la Rose-Croix, né à l’époque des pharaons, aurait ensuite recueilli l’héritage des pythagoriciens, des mystères d’Eleusis, des mages de Perse, des Esséniens, des templiers… Pour d’autres, il ne serait qu’une légende. Pour d’autres encore, il s’agirait d’une fraternité appartenant aux mondes invisibles. Cette étude très complète nous conduit, depuis l’Égypte et la Tradition primordiale, dans les pas d’Hermès Trismégiste et de Christian Rosenkreutz jusqu’à l’époque contemporaine où la Rose-Croix contribue à l’élévation de l’humanité et propose à ses contemporains de regarder au-delà du monde des apparences, pour tenter de découvrir la présence du Divin. Ce livre inclut une bibliographie thématique, un tableau chronologique reprenant les dates importantes de l’histoire du rosicrucianisme et de l’ésotérisme et un index des noms de personnes.

Mon avis : Un ouvrage très intéressant, documenté et fouillé
Idéal donc pour qui s’intéresse au mouvement de la Rose-Croix, en particulier à son histoire. Histoire qui bien sûr nous introduit aussi aux idées de la Rose-Croix.
Le livre est donc écrit par un certain Christian Rebisse aux initiales C.R. comme Christian Rosenkreutz, fondateur mythique ou plutôt révélateur du mouvement de la Rose-Croix à travers la publication de trois manifestes rosicruciens publiés au XVIIième siècle et qui appelait à une réforme générale du monde, tant celui-ci allait mal et semblait envahi par l’obscurantisme.
Christian Rosenkreutz était sans doute un nom, une appellation, derrière lequel se cachait  un collège de personnalités rosicruciennes du XVIIième siècle.

Dans l’ouvrage présent, on peut donc supposer sans trop de risques de se tromper que ce livre « Rose-Croix, histoire et mystères » est écrit par un collège de rosicruciens très avancés appartenant à l’AMORC (Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix) et ayant accès à des archives importantes. On peut noter aussi que de façon significative, le nom de l’auteur « Rebisse » renvoie au terme d’alchimie « Rebis », autre nom de la pierre philosophale. Cette observation nous permet de comprendre que le processus initiatique et symbolique rosicrucien possède des analogies avec le processus alchimique.

Le livre retrace l’historique depuis la tradition primordiale qui serait liée en particulier à des écoles de Mystère Egyptienne. Il développe aussi de manière très très précise la floraison de mouvement rosicruciens ce qui ne laisse pas d’inquiéter. En effet, ça me donnait l’impression que n’importe qui pouvait créer un mouvement ayant soi-disant des origines très anciennes. C’est à mettre en lien aussi avec l’Egyptosophie très à la mode fin XIXième siècle début XXième et ce qui éclaire d’un jour particulier l’enseignement de l’AMORC, la principale obédience rosicrucienne actuelle et qui, justement, se réclame d’une filiation avec les écoles de mystère égyptiennes. Il ne s’agit pourtant pas de remettre en cause la valeur de ces enseignements très riches.
Mais si un non-initié lit ce livre, il pourrait se demander à bon droit s’il existe des preuves de cette filiation avec le mysticisme Égyptien ou est-ce une pure fable ?
Après avoir été mandaté par des rosicruciens français, Harvey Spencer Lewis a fondé en 1909  l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (AMORC). Disons que naturellement on se demande si Harvey Spencer Lewis a le profil et le passé d’un imposteur. Ce n’est clairement pas le cas. Et on peut regarder aussi si les enseignements de l’AMORC sont en harmonie, en cohérence avec la pensée d’Hermès Trismegiste (c’est à dire le corpus hermeticum en particulier) ce qui est clairement le cas. On est obligé de penser qu’Harvey S Lewis n’a pu inventer tout seul cet enseignement ce qui renforce l’impression même pour le sceptique qu’il était bien accompagné et par des personnes qui avaient une connaissance ésotérique précise, précieuse et ancienne.
C’est une question redoutable à laquelle le livre n’apporte pas de réponse. Il est par ex très facile de retracer la filiation des Maîtres Zen depuis le fondateur. Ici la chaine de transmission avant Harvey Spencer Lewis (le fondateur de l’AMORC) est pour le moins floue, qui peut plus est si on veut remonter jusque l’Egypte Ancienne ! Mieux vaut alors s’intéresser à Harvey Spencer Lewis et apprécier sa valeur en dehors de toute filiation supposée. A noter que Harvey Spencer Lewis n’a jamais été de près ou de loin un gourou ni considéré comme tel. Il est dépositaire et transmet des enseignements qui lui ont été transmis.
Pourtant le fait que le livre expose en toute clarté ces mouvements et leur inauthenticité vraisemblable est en soi une qualité, une manière de dire que le rosicrucien doit aimer les enseignements pour ce qu’ils sont et non pour leur origine « traditionnelle » (et en fait pas historique ce qui est quand même très tendancieux comme concept, car alors où se trouve la vérité ? N’est-ce pas un tour de passe-passe habile dont le chercheur sincère se passerait bien ?)
Quoi qu’il en soit, pour éprouver la valeur de la spiritualité rosicrucienne, je conseillerais plutôt au profane « l’ontologie des Rose-Croix » de Serge Toussaint ou « L’ideal éthique des Rose-Croix » du même auteur et grand Maître de la loge francophone ou encore « L’ Ordre de la Rose – Croix A. M. O. R. C. en Questions » .

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Au fin fond de la décadence – chronique de « A rebours » de Huysmans

« A rebours » de l’écrivain Huysmans est l’histoire d’un mec euh d’un aristocrate, Des Esseintes, dernier rejeton décadent d’une famille de ducs. Misanthrope, élitiste, amoureux contrarié de la beauté du monde ; tous les plaisirs plus ou moins frivoles que peut lui offrir le « mondain » (notamment les femmes mais ce n’est qu’un exemple) lui semblent à un moment de sa vie totalement vains et sans saveur. Tout est vanité, n’est-ce pas.
Il forme alors le projet de se retirer de la société, il va vendre château et dépendances pour s’aménager non pas une cellule de moine mais un logement cossu qui correspondra en tous points à ses goûts très perfectionnistes, aristocratiques, d’homme de goût. Là où le moine visera le dépouillement le plus absolu, au contraire le narrateur s’attachera à cerner au mieux et avec des recherches des plus raffinées quels meubles, quelles tapisseries vont décorer son intérieur. Quel arrangement intérieur sera le plus à même de satisfaire l’envie de beau de son for intérieur ?
Tout devra être dans une totale harmonie des couleurs, même les plus subtiles, sachant que le narrateur vit la nuit et dort le jour pour ainsi dire et donc que la lumière qui anime les couleurs est rarement celle directe du jour. La moindre faute de goût est pour lui source de souffrances réelles, de ruminations interminables, ressassant d’autant plus qu’il n’a personne à qui parler puisqu’il s’est éloigné de toute compagnie (forcément indigne de sa personne) et que ses domestiques sont pour ainsi dire tenus au silence et doivent être le plus discret possible jusqu’à l’invisibilité.
Pourtant, malgré cette misanthropie et cette asociabilité maladives, le narrateur m’est resté sympathique. Mais est-ce vraiment contradictoire ou surprenant ?

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Dans un premier temps, je pouvais croire que le programme du narrateur rejoignait les pensées de Schopenhauer quand ce dernier dit par ex :

«  »Un homme plein d’esprit, jusque dans la solitude la plus profonde, trouvera dans ses propres pensées et ses fantaisies une distraction parfaite, tandis que le changement continuel apporté par la société, le spectacle, les promenades, les fêtes sera incapable de repousser l’ennui qui torture les imbéciles.  »

Ou encore quand Schopenhauer développe son concept de contemplation esthétique, « contemplation paisible, détachée de toute réflexion comme de tout désir, de l’ensemble des objets du monde ».

Or, s’il y a bien des points de rencontre évidents avec Schopenhauer, force est de constater que notre narrateur n’est pas du tout détaché, bien au contraire, il est hypersensible, et la rusticité, le manque de beauté, de délicatesse du monde, et pire encore sa vulgarité, le blessent terriblement.

Notre narrateur aimerait atteindre un bonheur sans nuages en s’entourant d’objets tous plus recherchés les uns que les autres (de livre, d’alcools recherchés, de parfums, de tableaux, etc. ) qui satisferaient enfin son désir de Beauté et peut-être pour toujours. C’est un peut-être un programme à la Platon sous-jacent…
Mais las ! Tout casse, tout lasse. Tout finit par le lasser, et après l’enthousiasme, le plaisir, la satisfaction, viendra inéluctablement l’ennui, et sa quête ou sa poursuite folle et illusoire reprendra… Mais peut-elle durer éternellement ? Peut-elle se renouveler perpétuellement dans un va et vient constant de contentements éphémères ? Là où le moine essaie d’arrimer son esprit à un unique objet qui plus est abstrait et éternel, notre narrateur déplace son désir sur des objets tous périssables d’une manière ou d’une autre ou dont le rendement de contentement est forcément décroissant pour paraphraser Stuart Mill.

En quelque sorte, le narrateur après s’être détaché des plaisirs du monde et notamment des femmes, cherche le nectar des sens (vision avec les peintures, odorat avec les parfums, les fleurs d’essences rares, plaisirs du palais avec les alcools, le toucher est peu évoqué quoique si avec le vent sur la peau ou la pluie, la chaleur du soleil) et le nectar de l’intellect (avec les livres notamment et ses appréciations esthétiques), on peut avancer qu’il est dans une quête totale et sans retour du Beau au sens où pourrait l’entendre Platon.
Dans cette perspective, le cheminement du narrateur ou antihéros serait de partir de la forme de beauté la plus sensible comme le corps d’une femme pour conquérir au tout dernier barreau de l’échelle le Beau purement abstrait et éternel par une distillation, un raffinement progressif des attraits physiques, sensitifs, intellectuels, moraux et enfin spirituels. C’est l’échelle de l’amour du Beau vantée par Diotime à Socrate (cf le banquet de Platon) qui amène à la contemplation du Beau en soi et de manière ineffable. Du moins je le ressens comme ça.
Cette quête est si entière qu’elle met en danger forcément la santé mentale du narrateur. Car que se passe-t-il si le narrateur n’arrive pas à trouver son bonheur dans sa démarche ? Il se saborde, il ne reste plus rien à se raccrocher après avoir renié plaisirs d’amitié et d’amour, avoir dénié toute valeur aux échanges avec la société quels qu’ils soient, avoir épuisé tous les plaisirs intellectuels ou artistiques, s’être lassé de toutes les recherches spirituelles. Au fond, pourquoi continuer de vivre si la vie n’offre plus aucune satisfaction ?

En fait, on pourrait dire que notre narrateur est dans une approche tantrique de la vie (enfin il fait du tantrisme comme le bourgeois gentilhomme sans le savoir), en ne cherchant pas à s’évader du monde mais au contraire en essayant de le ressentir avec la plus grande précision et intensité. A jouir de la vie dans le moindre de ses aspects. C’est une approche tout sauf indifférente (pas exactement à l’opposé du bouddhisme ceci dit), et c’est bien ce qui pourrait malgré tout le sauver. Au fin fond de la décadence, l’espérance en définitive. Celle qui nous fait vivre, ou qui, déçue, nous coulera par le fond.

Sur le plan de la démarche littéraire, Huysmans avec ce livre veut se déclarer en pleine rupture ontologique on pourrait dire avec le naturalisme prôné par Zola, Balzac, etc., et même le romantisme. Huysmans réduit le chant euh le champ de sa narration à un unique protagoniste dont la subjectivité très particulière en quête d’illumination quelque part sera la seule matière du livre. Une sorte de solus ipse.
J’ai eu un premier choc littéraire en lisant du côté de chez Swann de Proust (publié en 1906), il y a quelques années. Je pensais qu’il était unique. Et en fait en lisant Huysmans, je me dis que Proust avait en fait un semblant de précédent avec Huysmans qui a publié « A rebours » en 1884. Comme quoi en tant qu’autodidacte, il faut se garder des jugements mais toujours garder à l’esprit que notre culture n’est pas totale et qu’il peut manquer des pans entiers de connaissance pour avoir des opinions artistiques réellement valables ou du moins correctement construites. Pourtant le ressenti, la fraîcheur demeurent intéressants et uniques ce que possèdera sans doute moins le diplômé en lettre qui sera influencé dans sa manière de lire par la pensée des professeurs, les notions qu’il ingurgite etc. 

On comprend mieux aussi les liens entre Schopenhauer, Huysmans et Houellebecq. Huysmans de temps en temps fait référence dans son œuvre à Schopenhauer.

Ce roman est aussi l’occasion de découvrir le mouvement « décadent » en littérature dont « A rebours » est l’un des joyaux les plus iconoclastes. Au sujet de ce mouvement, voici ce qu’on peut lire dans wikipedia :

« Toutefois, c’est avec la publication des Essais de psychologie contemporaine de Paul Bourget en 1883 que le mouvement décadent commence à se définir. Face au sentiment de déliquescence qui l’habite, une génération d’artistes se reconnaît dans son analyse de la névrose des maîtres contemporains2.

Marqué dès 1884 par la parution du Crépuscule des dieux d’Élémir Bourges et d‘À rebours de Joris-Karl Huysmans, le mouvement se définit par sa « désespérance teintée d’humour et volontiers provocatrice »2. »

Revenons à notre roman, Des Esseintes est allé au bout de sa démarche de vivre pour soi-même, de sa quête (de sa névrose ? Terme de plus en plus fourre-tout, qui parfois en vient à ne plus signifier grand-chose dans la bouche de beaucoup de personnes) en s’entourant de « beaux » mais sans trouver le « Beau » ; seul, physiquement et nerveusement à bout de forces (pour le physique, il faut bien avouer que Des Esseintes néglige totalement cet aspect-là de « la chose » (comme dirait un Martiniste) sans doute considéré comme trop indigne, et bien à tort, de lui), il déménage, suivant les conseils de son docteur, une nouvelle (et dernière fois, on peut l’imaginer) pour revenir au centre de Paris et s’immerger dans le bruit de la capitale censé le ramener à la vie.
Mais ceci est une autre histoire.

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« A la recherche d’un monde perdu, l’Atlantide et ses traditions », livre décevant mais intéressant

Tout d’abord, la quête de l’Atlantide s’assimile à une quête des origines. Les origines de notre humanité (en tant que pensée et conscience), nous avons des noms, Egypte, Grèce, Mésopotamie, etc., l’Atlantide étant dans cette optique, l’ultime origine. Ce que dans les milieux ésotériques, nous dénommons « Tradition primordiale ». Pourtant, bien évidemment, quand bien même nous prouverions l’existence de cette civilisation à qui l’on prête toutes les qualités scientifiques, techniques, morales, mystiques, spirituelles (comme le laisse entendre le récit (et non le mythe) de Platon)), on pourrait toujours se demander : D’accord mais alors avant l’Atlantide ? D’où viennent leurs connaissances ? D’extraterrestres comme dans le film Prometheus de Riddley Scott ou comme l’allègue Raël (sourire) ? Bref, on ne s’en sort pas. Je pense qu’en fait une quête des origines s’apparente plus à une quête de l’originel dans ce qui fait notre humanité, c’est-à-dire avant tout la conscience de soi et du monde et de notre rapport à Ce qui nous dépasse. Mais cette quête se situe dans notre intérieur, hors du temps et de l’espace, m’est avis. (aparté entièrement personnel).

Revenons à note bouquin. J’avais un a priori très favorable voire enthousiaste car j’aime beaucoup la personnalité de l’auteur, Paul Le Cour, fondateur de la revue Atlantis au début du XXᵉ siècle. Cette revue a très certainement beaucoup contribué dans une forme de salon intellectuel de connaissances ou de recherches plus ou moins ésotériques à l’époque (avec Papus, Canseliet, Jacques d’Arès, Julien Champagne…). D’ailleurs le symbole de cette revue est Poséidon avec son trident, ce Dieu étant totalement associé à l’Atlantide. J’ai donc acquis cette édition de 1931 (une rareté), pensant découvrir un livre « révélation » (et non révélations au sens scoop, quoique)
Pourtant, malgré cet a priori très favorable, je fus rapidement déçu, beaucoup d’assertions reposent sur pas mal de spéculations que l’auteur semble vouloir trop facilement transformer en preuves.

Or, dans ce domaine, il faut être très prudent.

Par ex, Paul Le Cour fait une véritable confusion à un moment entre le zoroastrime ou mazdéisme qui date d’au moins 1500 ans avant notre ère et le manichéisme qui date du 2ième siècle après J.-C. (et qui se présente comme un syncrétisme très inspirant du zoroastrime, du christianisme et même du bouddhisme). Toutefois, la relation qu’il tire entre les aspects dualistes (existence d’un bien et d’un mal dans le mal) et le symbole du caducée de Mercure ou Hermès (avec les deux serpents qui se font face autour du bâton dressé) est intéressante.On apprend à cette occasion que dans la tradition hérmétique St Jean est assimilé à Lucifer (lux fero, porteur de lumière (mon ajout))

J’ai donc tout de même essayé de tirer des choses intéressantes de cette lecture.

Tout d’abord ce passage p. 127 :

« Les sages de cette époque lointaine savaient que la retenue sensuelle développait la puissance spirituelle et pouvait faire atteindre à une vie nouvelle toute illuminative, la Vita nuova de Dante, la naissance à cette vie nouvelle est représentée depuis de longs siècles à travers le monde, en Europe, comme en Asie et en Amérique par l’image de la Vierge-mère tenant sur ses genoux l’enfant qu’elle a mis au monde sous l’action de l’Esprit. »

« La pierre de touche des œuvres humaines, c’est le désintéressement, or le désintéressement est un sacrifice volontaire. »

J’aime beaucoup cette notion de sacrifice qu’on peut méditer à plusieurs niveaux. Par ex faire le sacrifice d’attachements pour avancer dans une voie plus pure (ma pensée).

« D’autre part, la chasteté , est aussi un sacrifice volontaire, un renoncement à des désirs parfois puissants. »

« En résumé, selon la doctrine primordiale, les deux essentielles vertus à acquérir pour parvenir à la connaissance, à la révélation, sont pureté et l’esprit de sacrifice. »

Cette insistance sur le désintéressement peut se rapprocher sans difficultés du « mushotoku » (sans but ni esprit de profit en japonais) prôné par le bouddhisme Zen. Rien que pour ces 3 passages, ça valait le coup de lire ce livre (ma pensée).

Par contre, je n’ai pas bien vu avec le lien avec cette doctrine primordiale dont à dire vrai, je n’ai pas vu de contours précis dans cet ouvrage sauf à considérer que toutes les traditions spirituelles ont une même origine qui se trouve dans une même « tradition primordiale ». Mais alors l’Atlantide serait plus une sorte d’image symbolique d’un monde originel qui n’a pas vraiment besoin de dimension réellement historique et factuelle, puisque selon Jung, il existe une fonction religieuse dans la pysché humaine qui sourd en chaque être humain et que chacun peut retrouver (ma pensée).

On pourra peut-être avoir une meilleure connaissance de l’Atlantide et de la « Tradition Primordiale » en s’affiliant à des ordres initiatiques comme la Franc-Maçonnerie ou l’ordre de la Rose-Croix, c’est fort probable.

D’une manière synthétique, l’auteur parcourt donc les origines du langages, les traces qu’on pourrait trouver de la langue atlante, dans le grec, le celte, etc. Il en cherche aussi dans le domaine géographique (insistance sur le Yucatan) et l’étude de certains symboles dans les différentes traditions. Il dresse aussi un résumé très incomplet de divers écrits qui ont trait à l’Atlantide (avec évidemment celui de Platon). Il étudie aussi le lien entre la pensée de l’Atlantide et l’hermétisme.

En fait, ce livre donne des pistes à explorer plus que des faits acquis.

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« Le troisième œil », livre très intrigant et captivant

Livre intrigant et captivant…Commençons par le côté intrigant. Le narrateur du livre est censé être l’écrivain T Lobsang Rampa qui se présente comme étant d’origine européenne et avoir été initié très jeune dans une lamaserie. On nous dit de plus que l’auteur est le fils d’un aristocrate tibétain, membre du gouvernement tibétain.

Tout ça sent l’entourloupe.^^

Or quand je lis le récit, je découvre l’enfance d’un garçon né au Tibet et fils de parents tous les deux parfaitement tibétains, sans aucune origine européenne. Il suffit de regarder la photo pour s’apercevoir que ce monsieur qui se présente comme l’écrivain n’est pas d’origine tibétaine. ¨¨ Alors que pourtant le narrateur de ce livre se présente comme un lama qui a grandi dans une famille tibétaine depuis sa plus tendre enfance (et donc qu’il ne s’agit pas d’un enfant adopté).

Donc on pourrait se dire : Calembredaines, ce livre est une affabulation !

Or, force de constater qu’il n’en est rien.

Le roman (ou l’autobiographie ? Ou la biographie ou l’autofiction ?) regorge de détails du quotidien extrêmement précis, concrets ou de précisions culturelles que seul un occidental érudit ou expert pourrait connaître, et encore. Il ne s’agit en aucun cas d’un récit fantasmatique sur le Tibet légendaire. Donc comment l’expliquer ? Ou alors ce serait un lama qui a fourni à cet occidental T Lobsang Rampa (sur lequel je donnerai des informations plus tard) son histoire pour la diffuser à l’occident ?

Ce livre est donc intrigant mais aussi captivant. On suit l’itinéraire d’un enfant qui suit une éducation très dure, va devenir lama et est reconnu réincarnation d’un grand lama. De ce fait, il va suivre une instruction accélérée, notamment grâce à l’hypnotisme (hé oui), avec en perspective et en ligne de tension l’invasion du Tibet par la Chine dans quelques années prévue par les astrologues tibétains.

Le titre du livre « Le troisième oeil » raconte au cours d’une scène étonnante comment le troisième œil du héros va être ouvert au sens propre. Troisième œil qui lui servira à décrypter les auras de ses interlocuteurs au-delà des apparences, des mimiques et des masques. Cependant, ce titre n’est pas représentatif du tout de l’intérêt général de ce livre, c’est sans doute pour attirer le chaland.

Voyage astral, télépathie sont de la partie dans le développement des facultés psychiques du héros. Bien sûr on a le droit (et même le devoir) d’être sceptique, mais c’est justement le côté réaliste par ailleurs qui achève de nous troubler. Il s’agit d’un récit initiatique.

L’une des thématiques que j’ai aimée, c’est l’instruction du héros encore jeune par un lama adulte qui lui sert de guide en instruction, de guide spirituel. Ce qui me frappe, ce n’est pas le contenu de l’instruction en tant que tel maisl’idée que le guide est assez dur, est exigeant avec le héros mais utilise cette dureté pour développer les compétences de son apprenti. Je pense que tout père peut s’inspirer de ça pour réfléchir à une instruction, une éducation pour son fils qui ne soit pas laxiste mais au contraire le fasse grandir de la meilleure des manières. Bien sûr, cette instruction-éducation peut concerner la culture mais aussi le sport, les arts etc. Le père doit avoir le projet de faire grandir son enfant de manière déterminée tout en assurant son bonheur bien sûr.

Des scènes m’ont fort surpris aussi. À un moment le narrateur raconte des sortes de vols en deltaplanes-cerfs-volants auxquels les moines sont accrochés et reliés par une corde à un moine resté au sol. Il parle sans une once de compassion ou de tristesse pour eux d’accidents de moines qui s’écrasent au fond de précipices ! Fort de cette interrogation, je me suis dit que le narrateur et l’auteur devaient avoir une approche de la mort bien différente de la nôtre. Effectivement pas mal de pages plus loin, après quelques morts horribles et sanglantes racontées dans des circonstances diverses, le narrateur explique que pour les Tibétains, la mort n’est pas un drame puisqu’ils croient en la réincarnation et donc que la mort ne consiste qu’à abandonner un habit de chair pour en revêtir un autre. Vu sous cet angle… Toutefois cette indifférence certaine, naturelle par rapport à la mort qui crée tant d’angoisses chez les occidentaux me pousse à penser que décidément le véritable auteur n’est pas occidental (et donc pas T Lobsang Rampa, c’est bien mystérieux tout ça).

Le narrateur raconte aussi l’existence de salles secrètes au Potala et même un lac souterrain. Il parle aussi de l’existence mystérieuse des yétis dans un recoin secret du Tibet et évoque Shamballa. D’une manière générale, j’ai bien aimé comment l’auteur dresse une opposition entre la civilisation tibétaine dont le but serait de favoriser l’éveil de l’être intérieur alors que l’occident s’occupe essentiellement de l’extérieur.

Donc, après avoir achevé ce livre, je me suis intéressé de plus près à l’identité de cet auteur : T Lobsang Rampa. Le moins qu’on puisse dire est que s’il a une certaine notoriété, son identité et son authenticité est controversée.:)

Voici ce que j’ai lu concernant l’auteur sur wikipédia, la source du savoir de l’ère du verseau :

« Tuesday Lobsang Rampa, pseudonyme de Cyril Henry Hoskin (Plympton, Angleterre, 8 avril 1910Calgary, 25 janvier 1981) est un écrivain britannique qui prétendait être né au Tibet et être devenu le lama médecin à la lamaserie de Chakpori avant de parcourir le monde, puis d’abandonner volontairement son corps de naissance et avoir recours au procédé de transmigration4 pour continuer sa vie dans celui d’un Anglais. Il avait pris le nom de Carl Kuon Suo jusqu’en 1962. Ses ouvrages, en particulier le premier, Le Troisième Œil, ont obtenu un important succès populaire et l’auteur est généralement perçu comme l’initiateur d’une « nouvelle littérature spirituelle », sinon du New Age dans son ensemble5.

Des enquêtes conduites en 1958 ont montré que Hoskin, fils de plombier, était un installateur d’équipements chirurgicaux (surgical fitter) au chômage et qu’il n’était jamais allé au Tibet ni ne parlait le tibétain. La compréhension sceptique de son récit est qu’il s’agit d’un canular littéraire ou d’une imposture. »

Là où comme je disais plus haut, c’est que s’il est un imposteur, comment peut-il connaître tous ces détails sur le Tibet ? Pour moi le mystère demeure.

Voici comment nous pourrions expliquer la chose ^^ (toujours source Wikipedia) :

« Rampa fut retrouvé par la presse britannique à Howth en Irlande et confronté à ces allégations. Il ne démentit pas la naissance sous le nom de Cyril Hoskin du corps qu’il utilisait, mais prétendit que ce corps était désormais occupé par l’esprit de Lobsang Rampa22.

Selon le récit donné dans son troisième livre, Histoire de Rampa, le premier corps de Lobsang Rampa ayant été endommagé par les tortures subies lors de la Seconde Guerre mondiale et des accidents ultérieurs, n’était plus en état de rester longtemps en vie. De son côté, à la même époque, le Britannique Cyril Henry Hoskin n’avait plus goût à la vie. Un jour, alors qu’il essayait de photographier un hibou, il tomba d’un vieux pin dans son jardin à Thames Ditton, dans le Surrey, et se retrouva hors de son corps. Il vit alors un moine en robe safran marcher vers lui. Le moine lui parla de la possibilité que Rampa lui succède dans son corps. Quelque temps après, des lamas tibétains, grâce à une technique appelée transmigration, libérèrent Hoskin de son propre corps pour que Lobsang Rampa l’y remplace.

Cette histoire de changement de corps que beaucoup d’observateurs jugent abracadabrante est une des raisons pour lesquelles beaucoup ont considéré l’œuvre de Rampa comme l’un des plus gros canulars littéraires du XXe siècle. Hoskin/Rampa n’a cependant jamais modifié ses dires, et a toujours clamé que le contenu de ses livres était authentique23. »

On note plus loin (toujours source wikipedia)  :

« Le tibétologue américain Donald Sewell Lopez, Jr. rapporte, dans son livre Fascination tibétaine (Prisoners of Shangri-La, 1998), sa découverte, à l’occasion de discussions sur Lobsang Rampa avec d’autres spécialistes européens du Tibet et du bouddhisme, que Le Troisième Œil était le tout premier livre que nombre d’entre eux avaient lu sur le Tibet. Pour certains d’entre eux, c’est la fascination exercée par le monde décrit par Rampa qui les avait poussés à devenir des universitaires spécialistes du Tibet24.

Le même auteur indique que lorsqu’il avait donné à lire, à ses étudiants de l’université du Michigan, Le Troisième Œil, sans leur dévoiler son histoire, il avait constaté que ses « étudiants furent unanimes dans leurs louanges, et ce malgré six semaines de cours et de lectures sur l’histoire et la religion du Tibet. […] Ils le trouvèrent tout à fait crédible et passionnant, le jugeant plus réaliste que tout ce qu’ils avaient lu précédemment sur le pays »25. »

Donc je trouve tout ça fascinant et bien mystérieux, une jolie découverte ! Un livre qui pourrait figurer sans problèmes dans les archives non classées de X-files. ^^

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