« A la recherche d’un monde perdu, l’Atlantide et ses traditions », livre décevant mais intéressant

Tout d’abord, la quête de l’Atlantide s’assimile à une quête des origines. Les origines de notre humanité (en tant que pensée et conscience), nous avons des noms, Egypte, Grèce, Mésopotamie, etc., l’Atlantide étant dans cette optique, l’ultime origine. Ce que dans les milieux ésotériques, nous dénommons « Tradition primordiale ». Pourtant, bien évidemment, quand bien même nous prouverions l’existence de cette civilisation à qui l’on prête toutes les qualités scientifiques, techniques, morales, mystiques, spirituelles (comme le laisse entendre le récit (et non le mythe) de Platon)), on pourrait toujours se demander : D’accord mais alors avant l’Atlantide ? D’où viennent leurs connaissances ? D’extraterrestres comme dans le film Prometheus de Riddley Scott ou comme l’allègue Raël (sourire) ? Bref, on ne s’en sort pas. Je pense qu’en fait une quête des origines s’apparente plus à une quête de l’originel dans ce qui fait notre humanité, c’est-à-dire avant tout la conscience de soi et du monde et de notre rapport à Ce qui nous dépasse. Mais cette quête se situe dans notre intérieur, hors du temps et de l’espace, m’est avis. (aparté entièrement personnel).

Revenons à note bouquin. J’avais un a priori très favorable voire enthousiaste car j’aime beaucoup la personnalité de l’auteur, Paul Le Cour, fondateur de la revue Atlantis au début du XXᵉ siècle. Cette revue a très certainement beaucoup contribué dans une forme de salon intellectuel de connaissances ou de recherches plus ou moins ésotériques à l’époque (avec Papus, Canseliet, Jacques d’Arès, Julien Champagne…). D’ailleurs le symbole de cette revue est Poséidon avec son trident, ce Dieu étant totalement associé à l’Atlantide. J’ai donc acquis cette édition de 1931 (une rareté), pensant découvrir un livre « révélation » (et non révélations au sens scoop, quoique)
Pourtant, malgré cet a priori très favorable, je fus rapidement déçu, beaucoup d’assertions reposent sur pas mal de spéculations que l’auteur semble vouloir trop facilement transformer en preuves.

Or, dans ce domaine, il faut être très prudent.

Par ex, Paul Le Cour fait une véritable confusion à un moment entre le zoroastrime ou mazdéisme qui date d’au moins 1500 ans avant notre ère et le manichéisme qui date du 2ième siècle après J.-C. (et qui se présente comme un syncrétisme très inspirant du zoroastrime, du christianisme et même du bouddhisme). Toutefois, la relation qu’il tire entre les aspects dualistes (existence d’un bien et d’un mal dans le mal) et le symbole du caducée de Mercure ou Hermès (avec les deux serpents qui se font face autour du bâton dressé) est intéressante.On apprend à cette occasion que dans la tradition hérmétique St Jean est assimilé à Lucifer (lux fero, porteur de lumière (mon ajout))

J’ai donc tout de même essayé de tirer des choses intéressantes de cette lecture.

Tout d’abord ce passage p. 127 :

« Les sages de cette époque lointaine savaient que la retenue sensuelle développait la puissance spirituelle et pouvait faire atteindre à une vie nouvelle toute illuminative, la Vita nuova de Dante, la naissance à cette vie nouvelle est représentée depuis de longs siècles à travers le monde, en Europe, comme en Asie et en Amérique par l’image de la Vierge-mère tenant sur ses genoux l’enfant qu’elle a mis au monde sous l’action de l’Esprit. »

« La pierre de touche des œuvres humaines, c’est le désintéressement, or le désintéressement est un sacrifice volontaire. »

J’aime beaucoup cette notion de sacrifice qu’on peut méditer à plusieurs niveaux. Par ex faire le sacrifice d’attachements pour avancer dans une voie plus pure (ma pensée).

« D’autre part, la chasteté , est aussi un sacrifice volontaire, un renoncement à des désirs parfois puissants. »

« En résumé, selon la doctrine primordiale, les deux essentielles vertus à acquérir pour parvenir à la connaissance, à la révélation, sont pureté et l’esprit de sacrifice. »

Cette insistance sur le désintéressement peut se rapprocher sans difficultés du « mushotoku » (sans but ni esprit de profit en japonais) prôné par le bouddhisme Zen. Rien que pour ces 3 passages, ça valait le coup de lire ce livre (ma pensée).

Par contre, je n’ai pas bien vu avec le lien avec cette doctrine primordiale dont à dire vrai, je n’ai pas vu de contours précis dans cet ouvrage sauf à considérer que toutes les traditions spirituelles ont une même origine qui se trouve dans une même « tradition primordiale ». Mais alors l’Atlantide serait plus une sorte d’image symbolique d’un monde originel qui n’a pas vraiment besoin de dimension réellement historique et factuelle, puisque selon Jung, il existe une fonction religieuse dans la pysché humaine qui sourd en chaque être humain et que chacun peut retrouver (ma pensée).

On pourra peut-être avoir une meilleure connaissance de l’Atlantide et de la « Tradition Primordiale » en s’affiliant à des ordres initiatiques comme la Franc-Maçonnerie ou l’ordre de la Rose-Croix, c’est fort probable.

D’une manière synthétique, l’auteur parcourt donc les origines du langages, les traces qu’on pourrait trouver de la langue atlante, dans le grec, le celte, etc. Il en cherche aussi dans le domaine géographique (insistance sur le Yucatan) et l’étude de certains symboles dans les différentes traditions. Il dresse aussi un résumé très incomplet de divers écrits qui ont trait à l’Atlantide (avec évidemment celui de Platon). Il étudie aussi le lien entre la pensée de l’Atlantide et l’hermétisme.

En fait, ce livre donne des pistes à explorer plus que des faits acquis.

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« Le troisième œil », livre très intrigant et captivant

Livre intrigant et captivant…Commençons par le côté intrigant. Le narrateur du livre est censé être l’écrivain T Lobsang Rampa qui se présente comme étant d’origine européenne et avoir été initié très jeune dans une lamaserie. On nous dit de plus que l’auteur est le fils d’un aristocrate tibétain, membre du gouvernement tibétain.

Tout ça sent l’entourloupe.^^

Or quand je lis le récit, je découvre l’enfance d’un garçon né au Tibet et fils de parents tous les deux parfaitement tibétains, sans aucune origine européenne. Il suffit de regarder la photo pour s’apercevoir que ce monsieur qui se présente comme l’écrivain n’est pas d’origine tibétaine. ¨¨ Alors que pourtant le narrateur de ce livre se présente comme un lama qui a grandi dans une famille tibétaine depuis sa plus tendre enfance (et donc qu’il ne s’agit pas d’un enfant adopté).

Donc on pourrait se dire : Calembredaines, ce livre est une affabulation !

Or, force de constater qu’il n’en est rien.

Le roman (ou l’autobiographie ? Ou la biographie ou l’autofiction ?) regorge de détails du quotidien extrêmement précis, concrets ou de précisions culturelles que seul un occidental érudit ou expert pourrait connaître, et encore. Il ne s’agit en aucun cas d’un récit fantasmatique sur le Tibet légendaire. Donc comment l’expliquer ? Ou alors ce serait un lama qui a fourni à cet occidental T Lobsang Rampa (sur lequel je donnerai des informations plus tard) son histoire pour la diffuser à l’occident ?

Ce livre est donc intrigant mais aussi captivant. On suit l’itinéraire d’un enfant qui suit une éducation très dure, va devenir lama et est reconnu réincarnation d’un grand lama. De ce fait, il va suivre une instruction accélérée, notamment grâce à l’hypnotisme (hé oui), avec en perspective et en ligne de tension l’invasion du Tibet par la Chine dans quelques années prévue par les astrologues tibétains.

Le titre du livre « Le troisième oeil » raconte au cours d’une scène étonnante comment le troisième œil du héros va être ouvert au sens propre. Troisième œil qui lui servira à décrypter les auras de ses interlocuteurs au-delà des apparences, des mimiques et des masques. Cependant, ce titre n’est pas représentatif du tout de l’intérêt général de ce livre, c’est sans doute pour attirer le chaland.

Voyage astral, télépathie sont de la partie dans le développement des facultés psychiques du héros. Bien sûr on a le droit (et même le devoir) d’être sceptique, mais c’est justement le côté réaliste par ailleurs qui achève de nous troubler. Il s’agit d’un récit initiatique.

L’une des thématiques que j’ai aimée, c’est l’instruction du héros encore jeune par un lama adulte qui lui sert de guide en instruction, de guide spirituel. Ce qui me frappe, ce n’est pas le contenu de l’instruction en tant que tel maisl’idée que le guide est assez dur, est exigeant avec le héros mais utilise cette dureté pour développer les compétences de son apprenti. Je pense que tout père peut s’inspirer de ça pour réfléchir à une instruction, une éducation pour son fils qui ne soit pas laxiste mais au contraire le fasse grandir de la meilleure des manières. Bien sûr, cette instruction-éducation peut concerner la culture mais aussi le sport, les arts etc. Le père doit avoir le projet de faire grandir son enfant de manière déterminée tout en assurant son bonheur bien sûr.

Des scènes m’ont fort surpris aussi. À un moment le narrateur raconte des sortes de vols en deltaplanes-cerfs-volants auxquels les moines sont accrochés et reliés par une corde à un moine resté au sol. Il parle sans une once de compassion ou de tristesse pour eux d’accidents de moines qui s’écrasent au fond de précipices ! Fort de cette interrogation, je me suis dit que le narrateur et l’auteur devaient avoir une approche de la mort bien différente de la nôtre. Effectivement pas mal de pages plus loin, après quelques morts horribles et sanglantes racontées dans des circonstances diverses, le narrateur explique que pour les Tibétains, la mort n’est pas un drame puisqu’ils croient en la réincarnation et donc que la mort ne consiste qu’à abandonner un habit de chair pour en revêtir un autre. Vu sous cet angle… Toutefois cette indifférence certaine, naturelle par rapport à la mort qui crée tant d’angoisses chez les occidentaux me pousse à penser que décidément le véritable auteur n’est pas occidental (et donc pas T Lobsang Rampa, c’est bien mystérieux tout ça).

Le narrateur raconte aussi l’existence de salles secrètes au Potala et même un lac souterrain. Il parle aussi de l’existence mystérieuse des yétis dans un recoin secret du Tibet et évoque Shamballa. D’une manière générale, j’ai bien aimé comment l’auteur dresse une opposition entre la civilisation tibétaine dont le but serait de favoriser l’éveil de l’être intérieur alors que l’occident s’occupe essentiellement de l’extérieur.

Donc, après avoir achevé ce livre, je me suis intéressé de plus près à l’identité de cet auteur : T Lobsang Rampa. Le moins qu’on puisse dire est que s’il a une certaine notoriété, son identité et son authenticité est controversée.:)

Voici ce que j’ai lu concernant l’auteur sur wikipédia, la source du savoir de l’ère du verseau :

« Tuesday Lobsang Rampa, pseudonyme de Cyril Henry Hoskin (Plympton, Angleterre, 8 avril 1910Calgary, 25 janvier 1981) est un écrivain britannique qui prétendait être né au Tibet et être devenu le lama médecin à la lamaserie de Chakpori avant de parcourir le monde, puis d’abandonner volontairement son corps de naissance et avoir recours au procédé de transmigration4 pour continuer sa vie dans celui d’un Anglais. Il avait pris le nom de Carl Kuon Suo jusqu’en 1962. Ses ouvrages, en particulier le premier, Le Troisième Œil, ont obtenu un important succès populaire et l’auteur est généralement perçu comme l’initiateur d’une « nouvelle littérature spirituelle », sinon du New Age dans son ensemble5.

Des enquêtes conduites en 1958 ont montré que Hoskin, fils de plombier, était un installateur d’équipements chirurgicaux (surgical fitter) au chômage et qu’il n’était jamais allé au Tibet ni ne parlait le tibétain. La compréhension sceptique de son récit est qu’il s’agit d’un canular littéraire ou d’une imposture. »

Là où comme je disais plus haut, c’est que s’il est un imposteur, comment peut-il connaître tous ces détails sur le Tibet ? Pour moi le mystère demeure.

Voici comment nous pourrions expliquer la chose ^^ (toujours source Wikipedia) :

« Rampa fut retrouvé par la presse britannique à Howth en Irlande et confronté à ces allégations. Il ne démentit pas la naissance sous le nom de Cyril Hoskin du corps qu’il utilisait, mais prétendit que ce corps était désormais occupé par l’esprit de Lobsang Rampa22.

Selon le récit donné dans son troisième livre, Histoire de Rampa, le premier corps de Lobsang Rampa ayant été endommagé par les tortures subies lors de la Seconde Guerre mondiale et des accidents ultérieurs, n’était plus en état de rester longtemps en vie. De son côté, à la même époque, le Britannique Cyril Henry Hoskin n’avait plus goût à la vie. Un jour, alors qu’il essayait de photographier un hibou, il tomba d’un vieux pin dans son jardin à Thames Ditton, dans le Surrey, et se retrouva hors de son corps. Il vit alors un moine en robe safran marcher vers lui. Le moine lui parla de la possibilité que Rampa lui succède dans son corps. Quelque temps après, des lamas tibétains, grâce à une technique appelée transmigration, libérèrent Hoskin de son propre corps pour que Lobsang Rampa l’y remplace.

Cette histoire de changement de corps que beaucoup d’observateurs jugent abracadabrante est une des raisons pour lesquelles beaucoup ont considéré l’œuvre de Rampa comme l’un des plus gros canulars littéraires du XXe siècle. Hoskin/Rampa n’a cependant jamais modifié ses dires, et a toujours clamé que le contenu de ses livres était authentique23. »

On note plus loin (toujours source wikipedia)  :

« Le tibétologue américain Donald Sewell Lopez, Jr. rapporte, dans son livre Fascination tibétaine (Prisoners of Shangri-La, 1998), sa découverte, à l’occasion de discussions sur Lobsang Rampa avec d’autres spécialistes européens du Tibet et du bouddhisme, que Le Troisième Œil était le tout premier livre que nombre d’entre eux avaient lu sur le Tibet. Pour certains d’entre eux, c’est la fascination exercée par le monde décrit par Rampa qui les avait poussés à devenir des universitaires spécialistes du Tibet24.

Le même auteur indique que lorsqu’il avait donné à lire, à ses étudiants de l’université du Michigan, Le Troisième Œil, sans leur dévoiler son histoire, il avait constaté que ses « étudiants furent unanimes dans leurs louanges, et ce malgré six semaines de cours et de lectures sur l’histoire et la religion du Tibet. […] Ils le trouvèrent tout à fait crédible et passionnant, le jugeant plus réaliste que tout ce qu’ils avaient lu précédemment sur le pays »25. »

Donc je trouve tout ça fascinant et bien mystérieux, une jolie découverte ! Un livre qui pourrait figurer sans problèmes dans les archives non classées de X-files. ^^

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Le zoroastrisme ou la victoire de la lumière sur les ténèbres

Cet article sera basé un livre de Marius Fontane, « Les Iraniens » avec le sous-titre Zoroastre. Toutefois, comme le titre « Les Iraniens » n’est pas très vendeur, alors que le sujet tourne essentiellement autour de Zoroastre, j’ai préféré ne pas le mentionner tout de suite. Bref, voilà, voilà.;)

Les Iraniens. Donc.

J’éprouve une tendresse particulière pour ce livre.

Peut-être parce que je possède une publication originale de 1881 mais aussi à cause du style de l’auteur à la fois très érudit et agréable à lire. On sent la patte de l’écrivain, de la personnalité et c’est pourquoi il se distingue de livres historiques au style la plupart du temps assez peu intéressant, neutre. Il rend l’exposé vivant et personnel. Donc rappelons l’écrivain : Marius Fontane. Gloire à lui.

J’ai aussi une tendresse particulière pour ce livre car sur le fond je pense que Zoroastre (astre d’or) se place en tant que repère visible et individuel (en gros comme un avatar) comme le premier à poser aussi clairement la question du mal existant dans le monde et du paradoxe du coup à postuler un dieu bon, créateur de notre monde. Son message au contraire parle de l’existence d’un dieu mauvais, Ahriman. Le mal est ainsi presqu’à égalité avec le bien et en tous cas n’est pas vu du tout comme seulement l’absence de bien. Le mal existe de manière substantielle. Zoroastre pose frontalement la question du mal et c’est ce que j’aime. Zoroastre est un personnage historique qui a existé réellement pour mettre les points sur les i.

L’auteur nous montre en quoi le message initial de Zoroastre va être dévoyé ou même être victime de malfaçons d’auteurs qui vont dénaturer les textes qui lui sont attribués pour favoriser leurs desseins ou leurs pensées propres. Et je trouve cet aspect-là très intéressant et significatif.

Car on peut songer à la Bible et c’est là ma pensée, on parle de paroles du seigneur… mais si on ne fait pas d’efforts pour aller plus loin, on oublie, on ignore, on dénie l’influence des scribes, de leur pensée, de leur culture, etc. sur la mise au point du texte de la Bible. Il y a un filtre humain dans l’écriture qu’il ne faut jamais oublier et qui du coup invite à la modestie dans une interprétation trop littérale de l’ancien testament (ce qui est particulièrement mal venu en ce qui le concerne), des Évangiles, à des constructions théologiques faramineuses (penser au dogme de la transsubstantiation par ex) qui ne tiennent qu’au fil de quelques phrases (dans ce dogme-ci : « ceci est mon corps et mon sang »).

Bref Zoroastre se tient à la source (on pense vers – 1000, 1500 ans voire 2000 avant JC) du courant dualiste qui va irriguer l ancien testament et même le nouveau testament (qu’on pense au prologue de St Jean) puis plus loin les “hérésies” chrétiennes dualistes qui, pour certaines, étaient de par leurs rites proches du christianisme le plus primitif. Il semble en effet que la pensée de Zoroastre ait influencé la religiosité des juifs. Bref tout ça n’est pas forcément dit dans ce livre mais un peu quand même.

Le prolongement le plus glorieux se trouvera dans la venue du prophète Mani et de la religion manichéenne (syncrétisme de zoroastrisme, de christianisme et d’une pincée de Bouddhisme). On remarque que même si Zoroastre parle de deux principes bon et mauvais qui luttent dans le monde, un principe éternel est la source originelle, incompréhensible, suprationnelle du monde.

Il s’agit donc au fond d’un monothéisme possiblement avant même la révélation d’Akhenaton (1350 av JC) et bien avant la rédaction du Dieu de l’ancien testament (rédaction évaluée entre le VIIIe siècle et le IIIe siècle avant JC). On remarque aussi que Zoroastre évolue bien avant tous les porteurs de lumière Bouddha, Pythagore, les écoles de mystères grecs, Jésus, etc. Zoroastre pourrait être presque considéré comme une source originelle du message religieux ou plutôt l’une des premières expressions d’un fleuve qui coule dans l’âme humaine et qui a besoin de rechercher la relation avec ce qui est plus grand que lui, le dépasse totalement et de le formuler par des tentatives forcément malhabiles étant donné les limites de notre entendement sans parler des imperfections du langage (ma pensée). Ce sont là des réflexions personnelles nullement développées dans ce livre mais inspirées par sa lecture.

D’autre part, pour continuer dans cette veine de l’altération du message initial, l’écrivain nous dit très bien que l institution religieuse qui s’est développée sur le message de Zoroastre n’a pas hésité bien évidemment à en détourner l’esprit sinon la lettre à son profit pour favoriser l’expansion de ce corps intermédiaire que sont les prêtres entre le fidèle et le dieu bon. On pense au catharisme qui justement passait outre ce corps intermédiaire.

Zoroastre est un réformateur, c’est-à-dire qu’il enseigne pour régler un bon fonctionnement de la société, c’est à dire des règles qui sont là pour élever l’humanité, la rassurer. Ce n’est pas un message uniquement spirituel (d’ailleurs celui du Christ non plus mais de manière moins évidente). « Zoroastre est un législateur et non un prêtre ».

L’Avesta, le recueil de la pensée zoroastrienne (aussi appelée mazdéenne) se compose de 6 textes dont l’écriture s’échelonne dans le temps. L’Avesta est donc très hétérogène. Le Vendidad est sans doute le plus proche du message spirituel originel puisque le plus ancien et c’est pourquoi il est aussi facile de deviner les altérations que subit le message originel dans les volumes qui le suivent et qui constituent le canon Zorastrien. Avesta veut dire livre dans le sens de recueil écrit donnant la loi. La direction est donc claire. Le texte vise à ordonner la société selon des repères spirituels et moraux précis pour que la société visée s’élève et sorte de sa fange.

Les parses-indiens (lien avec les farsis je pense) ont conservé l’Avesta.

Venons-en donc au message. Dans la doctrine zoroastrienne, il y a un dieu bon Ormuzd et un principe mauvais Ahriman.

« Ormuzd étant le dieu très fort, exclusivement voué au bien, Zoroastre explique le mal visible, très répandu, comme l’œuvre d’un démon principal, Ahriman, antagoniste d’Ormuzd, déployant contre son adversaire une puissance presque égale à la puissance du dieu souverainement bon. » Ormuzd ne peut faire que le bien. « Ahriman fut, pour ainsi dire, en même temps qu’Ormuzd (penser au tao te king), et comme sa conséquence inévitable. L’idée de l’unité divine, qui est évidemment la première sensation intellectuelle de Zoroastre, son but même, se trouve presque aussitôt compromise par l’antagonisme d’Ormuzd et Ahriman. C’est pourquoi le réformateur (Zoroastre) va se perdre dans la conception d’une entité supérieure, indécise, suffisamment vague pour être affirmée. »

« Il fallait admettre un être supérieur à ces deux personnalités divines, imaginer une puissance, une force dominante, pour que la théorie eût un sommet définitif, inaccessible » Ce en quoi je trouve cette conception plus satisfaisante que ne l’expose la théologie catholique (qui imagine un Père bienveillant).

Ormuzd et Ahriman en émanent. Cet être incommensurable est « le Temps sans borne », « la lumière primordiale », l’incréé donc. « Divinité incompréhensible, insaisissable, à laquelle il faut rendre un hommage perpétuel, sans toutefois lui prodiguer des adorations ; puissance si haute, si loin de l’humanité, que la vouloir chercher serait une ridicule entreprise, la vouloir comprendre une folie, la vouloir distraire, un outrage peut-être » . C’est Ormuzd qui parlera à Zoroastre. Ormuzd à la différence de l’Éternel n’est pas capable de créer quelque chose à partir de rien ».

Ormuzd est un dieu paternaliste, bienveillant, miséricordieux, qui en définitive, prépare l’homme à son jugement d’après la mort. Ormuzd et Ahriman ayant l’omniscience, organisèrent tout ce qui existe, donnèrent une forme à tout ce qui est ; le premier auteur de « tout ce qui est bon », le second, organisateur de « tout ce qui est mauvais ». L’humanité, c’est le peuple d’Ormuzd assujetti par Ahriman aux souffrances et à la mort, mais qui ressuscitera un jour par « le rétablissement des corps ».

« La métaphysique de Zoroastre annoncerait un dieu unique, incompréhensible, insaisissable, incorporel, ayant engendré, ayant envoyé aux hommes Ormuzd individualisé, connu, déterminé, formel, agissant, donnant la vie et l’entretenant. »

« La volonté de Zorastre est énoncée dans le texte par la bouche d’Ormuzd » (généralement on conçoit plutôt l’inverse) :

« Je vous parle clairement dit le dieu. Celui qui m’invoquera bien et avec pureté de cœur, ou celui qui, généreusement, ne désirera que l’avantage d’autrui, celui-là cet homme, soit qu’il vive maintenant, soit qu’il doive exister, soit qu’il ait été, son âme pure ira au séjour de l’immortalité. »

Ainsi primitivement, le fidèle peut s’adresser directement à Dieu et n’a pas besoin d’intercesseur et la caste des prêtres viendra corrompre ce message initial.

Autre citation du Zoroastrisme :

« Ormuzd, roi, je me repens de tous mes péchés, j’y renonce. Je renonce à toute mauvaise pensée, à toute mauvaise action ; à ce que, dans le monde, j’ai pensé ou dit, ou fait, ou cherché à faire, ou commencé de mal. Pour ces péchés de pensée, de parole, d’action, ô Dieu, ayez pitié de mon corps et de mon âme, dans ce monde et dans l’autre. »

« Le Zend (Avesta) nous apprend que l’Être a d’abord été donné à Ormuzd et à Ahriman, ensuite comme le monde a été donné depuis le commencement jusqu’à la fin, au rétablissement des corps ; qu’Ormuzd, très haut, était avec la Science souveraine, avec la pureté, dans la lumière du monde. Ce trône de lumière, ce lieu habité par Ormuzd, est ce qu’on appelle la Loi. »

D’après l’auteur, dans son expression première, « peut-être le Zend-Avesta ne donnerait-il pas une religion zoroastrienne dans le sens positif du mot. On n’y trouverait pas de sacerdoce, et en conséquence pas de culte, et pas de prêtres. »

« Zoroastre veut que l’on connaisse sa loi ; aussi ordonne-t-il que chaque mazdéen récite le Vendidad. »

« La prière enrichit le pauvre, accomplit l’égalité sociale, elle « élève le petit à la hauteur du grand, du puissant. » La prière est directe et n’a pas besoin de caste sacerdotale. « Nulle représentation religieuse, aucun dieu sculpté, ni dans la pierre, ni dans le bois. »

« La prière de l’aurore est annoncée par le chant du coq ; c’est la meilleure des prières ; « elle procure la victoire et donne la santé. » (Avesta dixit) »

« Le mazdéen qui travaille et qui prie doit être gai, se bien nourrir, croire au bonheur. »
« La nature entière est le grand temple des Iraniens ; les Perses n’en auront point d’autres ; l’image d’Ormuzd, symbolisée dans sa pureté immatérielle, c’est le feu. »

« Zoroastre voulait que la vie des Iraniens (des perses) fut partagée entre la prière et le travail ; il avait dit, positivement, que le travail suffisait. Lire la loi nouvelle, l’apprendre, c’était en même temps travailler et prier ; la lecture de la loi était le premier des devoirs du mazdéen.

D’après le Avesta, « si l’homme avoue le mal qu’il a fait, son repentir en sera l’expiation ; mais s’il n’avoue pas le mal qu’il a fait, il aura lieu de s’en repentir jusqu’à la résurrection. »

« Je me repens de tous mes péchés ; j’y renonce. Je renonce à toute mauvaise pensée, toute mauvaise parole, toute mauvaise action. Je fais cet aveu devant vous, ô purs. Ô Dieu, ayez pitié de mon corps et de mon âme, dans ce monde et dans l’autre. »

« Le mazdéen devait croire en Dieu, à la rémission des péchés, à la loi, au paradis, à l’enfer, à la résurrection des corps et à l’anéantissement du mal. »

D’après l’auteur, c’est après que la classe des prêtres a compliqué la relation à Ormuzd pour développer son pouvoir. »

« Si l’Iran n’était peuplé que d’iraniens désagréables au dieu bon, à Ormuzd, l’Iran deviendrait la proie d’Ahriman. »

« Ormuzd est l’ennemi des voleurs et des violents ».(Avesta dixit)

Les iraniens demeuraient libres de choisir leur dieu leur convenant.

Ahriman est « un serpent infernal ». Bien évidemment, on voit là une connexion avec le péché originel de l’ancien testament.

Le plaisir est important. « Une vie longue, bien remplie, toute agréable, toute gaie, est la première des récompenses. »

« Je vous demande, ô Ormuzd, les plaisirs, la pureté et la sainteté ; accordez-moi une vie longue et bien remplie. » (Avesta dixit)

« Favorisez celui qui dit la vérité, contre celui qui prononce le mensonge ; le pur contre l’impur. Et versez la lumière. » (Avesta dixit)

Le jeûne est rigoureusement interdit.

Le Vendidad met en garde avec véhémence contre « la surdité et l’aveuglement de l’esprit. » (on peut penser à Jésus et l’endurcissement du coeur)

« Oui, il est certain, a dit Ormuzd à Zoroastre, que celui dont les dispositions sont pures, dont les désirs sont purs, passera le pont. Ainsi que l’eau, par sa propre force, emporte au loin le cadavre qui est dans son sein, de même cet homme, par la force de l’élan vers la pureté, éloignera les noirceurs cachées de son âme. »

Après la mort, l’âme rencontre un juge infaillible « n’écoutant que le témoignage de la propre vie du mazdéen », pesant ses actions bonnes et mauvaises, l’acquittant ou la condamnation avec justice.

En effet, Zoroastre a défini patiemment les fautes capitales, les crimes et délits ce qui permet au Perse de savoir précisément ce qu’il est bon de faire.

« C’est par la prière, par la prononciation correcte de la parole sacrée qu’Ormzud sera victorieux. »

« Quel avantage ne retirez-vous pas de ce que, dans le monde, je vous donnerai un corps ? Soyez et combattez les daroudjs (démons) ; faites disparaître les mauvais esprits ; et à la fin, je vous rétablirai dans votre premier état. » (Avesta dixit)

« L’humanité, – kaïomorts -, était issue du taureau mystique, existant seul d’abord, et qui mourut lorsque l’homme venant de lui fut fait. Arbre mystique (aux allures de palmier) issu de la semence du taureau mystique. Le premier homme s’appelle Meisha et la première femme Meishane.

« Lorsque chacun de ces deux êtres eut été transformé,du corps d’arbre en corps d’homme, la main donnée du ciel y fut placée, et l’âme s’y mêla sur le champs. » (Avesta dixit)

« Ormuzd ne demandait au premier couple que l’humilité du coeur, le respect de la loi divine, la pureté de la pensée, de parole et d’action. »

«  Mais Ahriman vint et se présenta comme le véritable créateur de toutes choses et le couple le crut et c’est à ce moment là que leurs âmes furent vouées à l’enfer jusqu’à la résurrection ». La faim est le supplice éternel de Meisha et Meishane.

A la fin des temps, quand Ormuzd sera totalement victorieux, que les corps auront été rétablis, que le juge aura séparé les purs des pécheurs, et après que ceux-ci auront achevé la peine de leur condamnation. Zorastre a toujours dit que les pécheurs seraient châtiés, mais non pas éternellement. Un jour arrivera où la bonté d’Ormuzd étant complètement victorieuse, toutes les âmes et les corps épurés, et les démons eux-mêmes, et Ahriman, iront se reposer et jouir de la grande paix, au sein de la grande lumière, dans le paradis resplendissant. »

« Ormuzd, cessant alors d’agir, la terre cessera d’être. L’humanité toute entière, reconstituée, vivra dans le ciel, parfaitement, définitivement heureuse. Les hommes, « immortels et grands », recevront du taureau mystique, par une sorte de libation, l’essence reconstituante d’une céleste virilité, incompréhensible, mais certaine et procréatrice. »

« L’esprit du mal, le rival du dieu bon, le « daroudj Ahriman »resté seul hors du paradis, retournera de nouveau dans le monde d’Ormuzd ». Se croyant le maître du monde abandonné, il se fera prêtre. Mais, frappé bientôt dans son isolement, par l’inutilité même de ses œuvres, puisque le monde ne sera plus qu’un désert, Ahriman « courra au pont qui mène au ciel ».

« Il sera précipité à nouveau dans « les ténèbres épaisses de l’enfer » où tomberont, alors, tous les fleuves de métaux fondus.

Ahriman sera brûlé par « ces métaux coulants », dans sa forme de couleuvre voleuse » ; toutes les impuretés dont l’enfer était plein seront détruites par le feu, et l’Infernal reparaîtra, pur, digne du ciel. Ce sera le fin de tout. »

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Je suis un hérétique

La question centrale et essentielle des hérésies chrétiennes (cathares, manichéens et autres bogomiles :)) est :

Comment penser qu’un monde qui génère autant de souffrance inévitable de par ses propres lois aveugles puisse être l’œuvre d’un dieu bon, du « bon Dieu » ?

Comment le remercier si nous pensons que ce Dieu des cieux est créateur de notre monde ?

Récemment, j’ai fait une retraite catholique à l’abbaye de Clairval, je n’ai pas pu résister plus de 3 jours, même si ça a été très enrichissant. Par ex, j’ai bien aimé la phrase répétée « il faut mettre de l’ordre dans nos passions désordonnées ».

Toutefois, dans le préambule des exercices spirituels de St Ignace de Loyola (très riches au demeurant) sur lesquels on travaille lors de cette retraite, on lit (et les moines insistaient beaucoup là-dessus) : 
Avant toutes choses, « Principe et fondement : L’homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu et ainsi sauver son âme. »

Or en aucun de ces points, je ne suis en accord. D’où mon départ prématuré de la retraite. Je me rends compte que je suis en colère depuis pas mal de temps en fait contre l’idée que le créateur de ce monde est bon. Ou encore attribuer toute cette souffrance à un Dieu bon me paraît totalement incohérent. Je suis trop sensible à la souffrance du monde. Et je suis incapable littéralement de remercier Dieu ou de chanter ses louanges. Ça me bloque complètement. C’est émotionnel,et c’est soutenu par l’intellect.
Depuis, je suis incapable d’assister à une messe.

Pourtant, j’ai eu une discussion en toute amitié avec un moine bénédictin sur mon impossibilité émotionnelle et intellectuelle à concilier l’observation omniprésente du mal et de la souffrance dans notre monde et l’idée d’un Dieu bon qu’il faudrait louer, encenser tous les jours. Le mal ne peut être considéré seulement comme une absence de bien. Le bien, c’est le bien, le mal, le mal.

Je reviens sur mon problème théologique qui concerne l’explication du mal à l’œuvre dans notre monde et qui m’empêche de remercier Dieu et même de réciter le « Notre Père ». Si vous pouviez m’apporter quelques lumières ? Je crains de devenir totalement hérétique.
La première vérité du bouddhisme (il y en a 4) : « la vie est souffrance. »

C’est assez facile à observer.

Dans le « Notre Père », la prière que nous a enseignée Jésus, nous lisons « Notre Père qui êtes aux cieux » donc Il n’est pas ici-bas mais aux Cieux, c’est clair. Il n’habite pas notre monde. Il est absent.
Dans la même veine, « Mon royaume n’est pas de ce monde. » dit Jésus. Là, c’est cohérent. « Lucifer est le prince de ce monde » (Jean, 12:31) voire encore mieux (ou plutôt pire) « le Dieu de ce monde » (Saint Paul, 2 Corinthien 4.4).
Le démiurge œuvre largement dans ce monde de souffrance. Mais pas totalement. Bien sûr nous pouvons être saisis par la beauté de la nature, la merveilleuse complexité de notre corps. Pourtant ces mêmes lois de la nature si belles en un sens vont provoquer maladie, vieillesse, souffrance et loi de la jungle dans la cinématique de la nature. Cette souffrance et en même temps sa beauté et perfection imparfaite (petite tentative pour exprimer et concilier les contraires) sont générées inéluctablement par les lois qui gouvernent la création. Et Jésus vient apporter sa lumière. Une lumière qui traverse difficilement la gangue de boue de notre monde.
Et nous avons en nous une lumière qui nous fait tendre vers le beau, le bien, le vrai. Enfin pour une minorité d’entre nous (ce qui est déjà problématique, une très grande majorité d’âmes ne connaîtra pas la lumière, et quelques milliards souffriront une bonne partie de leur vie). Nos âmes sont emprisonnées dans leur corps de souffrance. (enfin les rosicruciens auraient plutôt tendance à dire que le corps est le temple de l’âme, ce qui est une perspective tout de même plus positive !)
« Le royaume de Dieu est au-dedans de nous » (Luc, chap 17, v21, traduction de l’abbé Jean-Baptiste Glaire ratifiée par le St Siège )

D’ailleurs un exercice spirituel de Saint Ignace le suggère clairement que notre corps est une prison.
Jésus nous révèle comment nous en libérer. Nous prions pour que le royaume des cieux advienne et que ce royaume de boue disparaisse.

« Notre Père qui es aux cieux, que ton règne vienne ». (prière du Notre Père, pour ceux qui connaissent pas)

C’est donc qu’il ne règne pas actuellement sur notre monde ! C’est pourtant clair (que diable !) !

C’est en m’opposant que j’ai trouvé des réponses, que j’ai circonscrit mes arguments. Le « bon Dieu » (au sens de Dieu exact), celui qu’on doit vénérer n’est pas le créateur de ce monde. Sinon il y a incohérence totale.
Du coup dans le « Notre père », je glorifie le Dieu des cieux qui règne sur le monde invisible, le parfait, le métaphysique, celui des anges, des êtres spirituels ? Suis-je dans une hérésie totale si je l’interprète comme ça ? Sans doute du point de vue du dogme catholique.
Comment penser qu’un monde qui génère autant de souffrance inévitable de par ses propres lois aveugles puisse être l’œuvre d’un dieu bon, du « bon Dieu » ? Comment le remercier si nous pensons que ce Dieu des cieux est créateur de notre monde ? Je n’ai pas envie de remercier, de louer un Dieu qui crée un monde générant autant de souffrance. Sinon on est proche du syndrome de Stockholm.
Par ailleurs, où est la justice divine quand nous voyons par ex que suivant le lieu où l’on naît, on peut vivre de manière confortable dans les riches pays occidentaux ou de manière misérable pour des millions voire milliards d’habitants ? Quelle est la possibilité d’évolution favorable pour une femme qui naît au Yemen ou en Afghanistan par ex ou des personnes dans les pays où pauvreté, méchanceté, cruautés, et famines sévissent ?

Les ministres, les serviteurs du dogme et culte catholique me disent « c’est la conséquence du péché originel ».

Ce n’est pas du tout une explication satisfaisante, il suffit de creuser un peu, vous le comprenez bien. Ou alors nous avons droit à une justice de Dieu aveugle et sans pitié. Et dans ce cas, où est le Dieu de miséricorde, d’amour ? La faute d’un hypothétique ou mieux mythique péché originel se transmettrait sur les générations d’hommes et de femmes qui sont nés et n’ont rien demandé à personne ? C’est injuste. Et d’ailleurs, cette compréhension du péché originel est-elle juste ?

Ce qui est symbolique, et mythique, bien des catholiques l’interprètent au premier degré. Mais l’allégorie du péché originel, si l’on veut lui trouver sa vérité fondamentale, n’est-elle pas de méditer sur le fait que l’homme en s’éloignant de Dieu, de sa lumière choit dans la souffrance et l’obscurité ? Et tout le cheminement de la Bible n’est-il pas de dire, rapprochez-vous de votre conscience, cherchez la pureté, le bien et la droiture dans vos actions, paroles et pensées et vous connaîtrez la sérénité ?

En réalité, je pense qu’une position satisfaisante n’est pas de raisonner sur un Dieu d’amour etc. où en fait nous projetons des qualités humaines mais bien sur un Dieu impersonnel avec sans doute des « envoyés » qui nous montrent qu’une lumière existe, qu’un monde qui n’est pas de ce monde existe. D’ailleurs la genèse et le prologue St Jean possèdent des aspects dualistes assez évidents.

Genèse, premier jour (1, 3-4) : Dieu dit qu’il y ait de la lumière ! » et il y eut de la lumière. Dieu vit que la lumière était bonne, et il sépara la lumière des ténèbres. »

Prologue de L’évangile de Jean : « et la vie était la lumière des hommes.
Et la lumière luit dans les ténèbres,
Et les ténèbres ne l’ont pas saisi. »

Je crois déceler aussi une influence zoroastrienne (Zoroastre le premier, vers – 1000 av. JC, tout de même, le premier à poser cette question quant à la difficulté de penser un Dieu bon seulement, et qui du coup parlait d’un Dieu inintelligible et « absent », et de deux principes Bien et Mal qui œuvrent dans notre monde avant sa réintégration totale dans la sphère du Bien).

Le moine bénédictin me recommandait de prier Marie pour me sortir de tout ça, pour m’éclairer. Mais voici, ce que je lui répondais : 
Je n’arrive pas à prier Marie, car seul le silence me répond. J’ai l’impression de faire simple œuvre d’imagination quand je le fais. En ce moment je suis bloqué pour prier à la manière chrétienne catholique, et pour remercier Dieu de quoi que ce soit, même si la vision dualiste me le permettra sans doute mieux.

Et si je me pose des questions à moi, en moi, j’obtiens dans le calme des réponses que je ne pense pas définitives mais qui ont la qualité de la clarté et d’une certaine évidence, et d’être en accord avec ce que je ressens au plus profond.
Mais prier à la manière catholique… seul le silence répond. Je suis lucide et sincère.

Et je me dis qu’au XIIIième siècle pour ces pensées sincères, j’aurais pu être jugé comme hérétique et brûlé vif sauf si j’abjurais ma foi.

N.B. : En février 1231, Grégoire IX publie la constitution Excommunicamus, qui prescrit la détention à vie pour les hérétiques repentis et la peine de mort pour les hérétiques obstinés. (source : Wikipédia)

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Gnose luciférienne

Peut-être que la souffrance que nous endurons est celle de Lucifer ?
Peut-être que nous sommes tous des lucifériens,
Que Jésus tente encore et encore de racheter auprès de Dieu.
Des enfants de Lucifer.
Lucifer a créé son propre enfer.
Nous sommes ses anges déchus,
Et nous tentons de récupérer nos ailes.

Lucifer de Gustave Doré :

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