Mon aventure (et mésaventures) sur le chemin de St Jacques, épisode 2 : le gardien du seuil.

Le lundi 10 août 2020, le jour où j’ai le plus souffert dans ma chair, où ma volonté en a le plus bavé, je pense. ^^ On peut dire que ma volonté fut trempée dans la lave de la forge de Vulcain.

Rappel de l’épisode précédent (pour le lire, c’est ici : https://jeanbaptistemessier.blog/2020/08/21/mon-aventure-et-mesaventures-sur-le-chemin-de-st-jacques/ ) : A cause du COVID, je n’ai guère le choix dans mes dates, et me voilà en pleine canicule à essayer de parcourir le Chemin entre Langres et le Vézelay. Le premier jour fut très dur, le second sera terrible. ^^

Objectif : Is-sur-Tille, non loin de Dijon pour situer. Je quitte la Lorraine, je pénètre la Bourgogne.

Photo du début de cette journée dantesque, enfin infernale, qui donne une sensation de fraîcheur paradoxalement, après une nuit étonnamment paisible (je ne pensais pas me reposer aussi facilement pour une nuit en plein nulle part) en tente quelque part entre Aujeurres et Vaillant (à cœur vaillant, rien d’impossible)  :

Vaillant_St_Jacques_Aujeurres

 

VaillantJe me levai avec déjà de bonnes ampoules au pied vers 5h30, et je dus marcher dès 6h plus de 30 km en plein cagnard avec 6l d’eau, poussé par la nécessité, car aucun point d’hébergement, ni de ravitaillement sur mon passage avant mon point d’arrivée à Is-sur-Tille.

Soleil de plomb (fondu s’il vous plaît).

oran-sous-un-soleil-de-plomb

La souffrance fut exemplaire et devoir de chercher très loin dans mes profondeurs, la volonté, et les capacités d’arriver, aussi. D’autant que sur la dernière partie du parcours, il y avait très peu d’ombres, d’arbres, de bosquets. Et j’étais obligé de calculer mes efforts pour aller d’ombres en ombres salutaires. Je me souviens de ce dernier champ à la terre craquelée, de la terre sèche creusée de sillons, une terre exsangue, une terre qui part en poudre, en poussière… mais tout vaut mieux que le bas côté de la route avec les pieds qui brûlent… même cette terre-là est bienfaitrice. Un long champ, plein soleil, que je traversais avec le sentiment d’une délivrance qui arrive. Et le panneau d’arrivée : Is-sur-Tille.

Je vous laisse imaginer.

Is_sur_Tille2Capture

Is-sur-Tille, charmante bourgade au demeurant dont voici un morceau photographié, et volé à l’obsession d’enfin arriver après une épreuve extrêmement mobilisante au niveau physique et mental :
Is_sur_Tille

Alors finalement, j’ai retrouvé ce passage sur le « gardien du seuil » qui convient parfaitement à la situation (source : https://www.leblogdesrapportshumains.fr/gardiens-du-seuil/) » :
« Vous savez que j’aime bien rendre à César ce qui lui appartient. Aussi, nous devons l’appellation de gardien du seuil au père du concept du voyage du Héros, monsieur Joseph Campbell, dans le livre de référence sur le sujet : le héros aux mille et un visages.

Les gardiens du seuil ne sont ni plus ni moins qu’une métaphore pour symboliser tous les éléments qui vous empêchent de réaliser quelque chose de significatif pour vous, quelque chose qui a de l’importance à vos yeux et vers laquelle vous souhaitez aller. Cela peut être un projet de vie, une transition professionnelle, un engagement dans une relation affective, un voyage initiatique, un changement de lieu de vie, etc. Ces gardiens prennent des apparences multiples pour s’imposer à vous et placer des barrières, ériger des obstacles ou vous conduire à freiner des quatre fers dans votre élan. Bref, à faire capoter le projet. J’y reviendrai plus bas.

Les gardiens du seuil portent bien leur nom. Ils ont l’art et la manière de surgir juste au moment où vous vous apprêtez à franchir un cap important dans votre projet. Ce genre de franchissement qui représente le premier pas sur un chemin vous conduisant vers l’inconnu. »

Le seuil de quelle porte me direz-vous ? La suite au prochain épisode, et ce n’est pas n’importe quelle porte.;)

Michael_Maïer_gravure_atalante_fugitive

gardien_seuil_esotérique

Forge de Vulcain Hephaistos

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Commentaire de « La Bible dit-elle vrai » de François Brossier

Présentation :
« D’où viennent les textes qui composent la Bible ? Qui les a choisis ? Quelles sont les conditions nécessaires pour affirmer que la Bible dit vrai ? Pour répondre à ces questions, François Brossier démystifie le sens du mot histoire et montre comment la Bible n’est pas une énumération d’actes fondés sur des éléments historiques, mais une interprétation des événements avec une vision croyante qui laisse place à la révélation de Dieu. Cependant, cette affirmation ne gomme pas toutes les interrogations : si la Bible est d’abord faite de paroles humaines, qu’est-ce qui permet de dire qu’elle est inspirée par Dieu ? L’auteur analyse successivement les grands récits bibliques en proposant d’y découvrir des modes de rapport à l’histoire très divers : la Genèse, les histoires des patriarches, notamment Abraham, les récits de l’Exode pour l’Ancien Testament, les quatre Evangiles, l’enfance de Jésus, les témoignages sur sa résurrection, les Actes des apôtres pour le Nouveau Testament. »

La Bible dit-elle vrai ?

Tout d’abord ma pensée en prologue sur cette question :
On peut citer « Le Seigneur des anneaux » de JRR Tolkien (grand linguiste et philologue devant l’Éternel) dans le prologue :

« Et certaines choses qui n’auraient pas dû être oubliées furent perdues.
L’histoire devient une légende et la légende devint un mythe. »


Ensuite, évoquons l’auteur car ça a une importance évidente pour apprécier le texte de manière convenable : François Brossier est prêtre, docteur en science théologique, membre du comité éditorial du Monde de la Bible. Il ne recule pas devant les questions les plus critiques qui de toute manière ne peuvent être éludées, en face de personnes de plus en plus éduquées, réfléchies mais aussi parfois animées par un scepticisme, une fermeture d’esprit (un endurcissement du cœur ?), un préjugé, assez attristants, inhérents à notre époque.
C’est un petit livre qui ne paie pas de mine, format poche – 160 pages – et qui pourtant amène non seulement des pistes de réflexions mais aussi des réponses à la question essentielle : La Bible dit-elle vrai ? On pensera à Pilate qui interroge Jésus : « Qu’est-ce que la vérité » ? (Jean 18,38)

Car, au fond, si la Bible dit vrai, comment dès lors passer à côté de son étude ? Pourquoi il serait essentiel de la lire, la méditer ? Parce qu’elle nous parle de Dieu, non pas comme un concept loin de nous, mais comme un « Je suis » (Je suis, Jesu(i)s) qui se préoccupe de l’Homme, qui veut le guider. Or qui dit guidage, dit Chemin mais aussi but à l’existence. C’est donc découvrir le Sens à notre existence. Dieu, par la Bible, nous donne le moyen de connaître notre place dans le monde, du moins si nous pensons qu’Elle est inspirée par le vrai. Et avouons-le, c’est ce que nous cherchons tous (encore que). C’est pourquoi commencer à penser que la Bible a sa Vérité, discerner ses manières de dire le Vrai nous incite inévitablement à repenser notre vie, de manière à la rendre cohérente par rapport à son message pour celles et ceux qui aiment aller au bout de la logique. À moins de jouer l’ange déchu, ce qui est toujours possible, cela relève de notre capacité de choix la plus fondamentale, de notre liberté ontologique.

Inversement, si, peut-être sans trop y réfléchir et dépasser le préjugé, nous pensons que c’est un tissu de mensonges éhontés, pourquoi en faire le Livre de notre vie ? Si nous avons des doutes plus ou moins conscients, plus ou moins avoués, qui viennent gangrener notre confiance, notre foi ? Ne faut-il pas au contraire prendre à bras-le-corps tous nos doutes, toutes nos interrogations et en faire le terreau de notre chemin de foi qui s’approfondit ? Ou au contraire en tirer les conséquences et jeter le bébé avec l’eau du bain.

Une remarque préliminaire pourtant : Pour les fables de La fontaine, est-ce que ça a le moindre sens d’affirmer avec l’esprit sceptique le plus éclatant que ces fables sont fausses ? Qu’après tout, un renard qui parle à un corbeau, ça n’existe pas, c’est bien évident. Est-ce que ce n’est pas se tromper de débat ? Est-ce que la vérité, les vérités que véhiculent les fables ne sont pas d’un tout autre ordre que l’ordre factuel ? Ne peut-on faire dans une certaine mesure (et quelle mesure ?) une analogie avec maints récits de la Bible ?
Ce commentaire tendra à de nombreuses reprises plus vers la réflexion personnelle que le commentaire propre de ce livre.
On distinguera la véracité dans l’ancien testament et celle présente dans les Évangiles qui ne s’appréhende pas de la même manière.
C’est dans l’ancien Testament que la nécessité de pratiquer les 4 niveaux d’interprétation de l’Écriture apparaît le plus clairement. Car, si l’on se contente du niveau littéral, on se retrouve très vite devant un mur qui est celui de l’invraisemblance de nombreux textes, ou d’un manque de clés de compréhensions concernant certains textes qui relèvent évidemment du mythe ou du récit métaphysique, ontologique comme la Genèse, le péché originel, etc.
C’est ainsi la doctrine des quatre sens (source : wikipedia) est pratiquée dans la tradition judaïque pour l’étude de la Torah (c’est à dire largement l’Ancien Testament :
Pshat : littéral ;
Remez : allusif (littéralement : allusion) ;
Drash : allégorique (littéralement : creuser, sonder, chercher) ;
Sod (kabbale) : mystique (littéralement : secret).
L’acronyme forme « prds » (PaRDeS). Le Midrash se concentre sur le remez et le drash.
Le sens mystique ou secret (sod) fait l’objet plus particulièrement des études kabbalistiques.
La kabbale chrétienne fut réprimée au Moyen Âge car elle était considérée comme une source d’occultisme ésotérique.
La question de savoir si l’herméneutique des quatre sens de l’Écriture est une transmission du judaïsme au christianisme ou une influence postérieure du christianisme sur le judaïsme est débattue. Gershom Scholem, l’un des plus grands spécialistes de la kabbale, penchait pour une influence chrétienne. (source : wikipedia)
Origène utilise généralement trois sens dans ses commentaires d’Écriture : littéral, moral et mystique, qui correspondent à la trichotomie humaine « corps, âme et esprit » (De principiis, IV, 11), quoiqu’il suive souvent l’ordre corps-esprit-âme, donc littéral-mystique-moral. Soit le passage de l’Exode (I, 6-7) qui dit : « Joseph mourut (…) et les fils d’Israël grandirent et se multiplièrent. » Le sens littéral (charnel, historique) est : Joseph est mort, puis les fidèles devinrent une grande multitude ; le sens mystique (spirituel, allégorique) est : Joseph annonce Jésus, mort pour que l’Église s’étende sur la Terre ; enfin, le sens moral (qui édifie les âmes) est : la mort du Christ se reproduit dans l’âme de chaque chrétien dont elle fait proliférer la foi (Homélies sur l’Exode, I, 4). (source : wikipedia)
Jean Cassien, cité par K. Froehkich, a systématisé les quatre sens au Ve siècle. Il indique, dans sa XIVe Conférence (§ 8) : « Les quatre figures se trouveront réunies, si bien que la même Jérusalem pourra revêtir quatre acceptions différentes : au sens historique, elle sera la cité des Hébreux ; au sens allégorique, l’Église du Christ ; au sens tropologique, l’âme humaine » ; au sens anagogique, la cité céleste, ‘qui est notre mère à tous’.
Les quatre sens ont été formulés au Moyen Âge dans un distique latin : Littera gesta docet, quid credas allegoria, moralis quid agas, quo tendas anagogia 7 (la lettre enseigne les faits, l’allégorie ce que tu dois croire, la morale ce que tu dois faire, l’anagogie ce que tu dois viser). (source : wikipedia)
Derrière les lettres, il faut trouver l’Esprit.
Venons-en au commentaire proprement dit de ce livre qui, j’espère, donnera envie de lire ce livre qui vaut le détour. Quelques citations :
P 37, nous sommes dans ce type de pensée (d’aller plus loin que la lettre), nous lisons : « Les récits du début du livre de la Genèse font partie des livres que l’on désigne scientifiquement sous le titre de livres mythiques. » (…) « Le caractère exemplaire de cette histoire est marqué par le fait qu’elle est racontée dans un temps hors du temps qui représente tous les temps, un temps des origines. (…) la vérité d’un récit de type mythique repose non sur la matérialité de l’histoire qu’il raconte mais sur ce qu’il révèle de la place de l’homme dans le monde et par rapport à Dieu. »

Ma pensée : Dieu révèle donc son projet pour l’homme à travers la Bible. Et c’est ce que nous devons rechercher dans cette lecture. Il y a un sens spirituel à tirer des livres de la Genèse, de l’exode (dont l’historicité est aussi sujette à caution), les récits d’Abraham, de Jacob, etc. En lisant les récits de l’ancien testament, j’ai souvent l’impression de lire des fables, qui possèdent des enseignements vrais de tout temps, des récits plus ou moins éloignés des faits mais inspirés par eux. Des contes, des légendes qu’on se raconte selon une tradition orale (oracle) autour d’un feu. Des contes retranscrits par écrit. C’est à mon avis bien plus profitable de les lire dans cet esprit que de chercher l’exactitude des récits sur un plan historique. Dénicher le Spirituel sous le pseudo-factuel, ou, disons, basé sur une strate historique dont le contour précis est difficile voire impossible à préciser, à retrouver.
Il y a l’exotérique, l’enseignement d’une certaine manière canon, celui qui peut être compris, transmis à tous, dit, répété, sanctifié, ritualisé. Et puis l’enseignement ésotérique qui est plus intérieur, moins défini et définitif, propre à la méditation de chacun mais dont le cadre est fourni par l’enseignement exotérique, une autorité qui s’apparente à l’Église en tant que principe d’autorité dans l’interprétation de l’Écriture, commun à toutes les religions sous une forme ou une autre, d’une manière plus ou moins hiérarchique.
Pourtant, avec les Évangiles, et les actes des Apôtres (l’Apocalypse étant sans nul doute un texte à part), on se rapproche de ce que l’homme moderne (positiviste) pourrait qualifier d’« histoire ». D’une part, parce que les événements relatés sont moins lointains et surtout que la passage à la transcription écrite s’est fait très rapidement après la mort de Jésus-Christ. Et les traces chez des historiens non chrétiens sur le Christ et le christianisme primitif sont nombreuses. De plus le récit même des Évangiles regorge de détails, d’anecdotes qui placent les récits sous le signe du documentaire, du reportage, du témoignage tout simplement même si la visée édifiante, prosélyte, est claire.
J’aurais envie de dire, le moment de l’existence du Christ sur terre est le point d’orgue où se rejoignent l’histoire humaine et l’histoire du Sacré. Chaque événement prend une résonance éternelle, une synchronicité absolue entre l’événementiel et la révélation de ce que pourrait être l’Eternel, de sa vie qui se situe sur le plan de l’évolution qualitative, du chemin vers la Lumière. Quelque chose comme ça.
Avec la mort de Christ, les deux rouages semblent à nouveau se séparer pour notre plus grande confusion. L’histoire humaine s’éloigne d’un Sens évident qui se faisait enfin jour après une longue gestation. Et sans doute, il faut chercher bien loin, bien profondément aussi bien dans notre extérieur que dans notre intérieur pour le retrouver ce Sens, pour nous femmes et hommes du XXIème siècle.
On pourra s’intéresser avec profit l’oeuvre de Mircea Eleade, je pense :
« La hiérophanie, qui désigne la manifestation du sacré, consiste non pas en l’irruption d’une puissance numineuse extérieure dans le domaine profane, mais s’exprime dans un regard neuf sur ce qui nous entoure et sur nous-même, la vision pure. »

p.16 : « Il n’en reste pas moins que si les récits bibliques n’étaient que fiction, on ne pourrait plus parler de Dieu se révélant dans l’histoire des hommes. Ce sera donc le but de cet ouvrage : montrer à la fois l’historicité réelle de la Bible et manifester que cette historicité n’est pas forcément , dans le contexte de la civilisation du proche-orient ancien, liée à la réalité factuelle ou anecdotique des événements racontés. »
p20 : « Bible, Parole de Dieu?(…) Dans un premier temps, nous pouvons tout autant affirmer : Bible, parole humaine. Par là, nous mettons en relief le fait que les écrits bibliques sont dépendants de la personnalité des écrivains, du contexte historique, culturel, politique et religieux de l’époque, de leur écriture. »
Un peu plus loin : « Mais l’historicité peut être au second degré. Par exemple dans le film « La vie est belle » de Roberto Benigni décrit au second degré l’histoire de l’extermination des juifs par les nazis. Son historicité est indéniable bien qu’au niveau factuel, rien ne soit réel. »
p21 : « L’unité de la Bible ne vient pas de ce qu’elle serait tombée du ciel ; l’unité de la Bible chrétienne vient de ce qu’elle nous dévoile progressivement le dessein de Dieu porté à son achèvement en Jésus-Christ. »
P27, nous lisons la réflexion suivante : on trouve dans la Bible des récits de genres très divers :
les récits des origines (genèse…), les récits légendaires (ex : l’histoire de Samson), les récits épiques (ex : la sortie de l’Egypte dans l’exode), les textes législatifs (qui organisent la vie du peuple comme le Deutéronome), les textes liturgiques qui organisent la vie spirituelle (le rituel de la Pâques dans l’exode), les chants liturgiques (les psaumes…), les oracles des prophètes (les prophètes interprètent la Parole de Dieu), enfin les écrits de sagesse – réflexions des sages sur les grandes questions humaines comme , la vie, la mort, le bonheur (le siracide, proverbes…)
L’auteur analysera de nombreux exemples (Genèse, récits d’Abraham, exode, etc.) pour étayer sa pensée qui concernera dans une première partie l’Ancien Testament.

Ma pensée : La question de l’historicité des Évangiles ne peut être abordée de la même manière que pour l’Ancien Testament, en tout premier lieu parce que douter de l’existence historique de Jésus pourrait rendre caduque son message pour nombre de chrétiens ou du moins ébranler de manière très sérieuse leur foi. Personnellement, pour moi, je n’ai pas besoin de croire à la vérité entièrement factuelle de l’existence de Jésus pour en faire un véritable support de méditation et de chemin de vie. Pourtant comme ne le nie pas l’auteur, bien au contraire, il existe de nombreuses divergences entre les Évangiles canoniques.

D’où la question p 79 :
« Comment écrivait-on l’histoire au temps de Jésus ? »
L’auteur nous fait un rapide récapitulatif d’historiens non-chrétiens qui parlent de Jésus ou du christianisme primitif : Flavius Joseph (juif), Tacite, Pline, Suétone. Mais bon, il faut bien avouer que les textes qui donnent le plus de détails sont bien évidemment… les Évangiles et les actes des Apôtres.
L’évangile de Marc serait le plus ancien et aurait servi de support à ceux de Matthieu et Luc. L’évangile de Jean « est le fruit d’une tradition indépendante des trois autres ». (p.88)
Qui sont ces témoins, les auteurs des Évangiles ? On pourra trouver des renseignements (minces) chez Irénée de Lyon ou Eusèbe de Césarée.
P 91 : « Les Évangiles représentent des écrits engagés, destinés à l’enseignement des chrétiens. Est-ce à dire qu’ils n’auraient aucune fiabilité ? Certes non ! Mais cela veut dire qu’ils ne peuvent être lus et compris indépendamment de leur fonction propre. »
P 127, cette réflexion très intéressante que je partage entièrement :
« La résurrection de Jésus ne peut pas être appréhendée par les méthodes historiques. Mais l’étude des différents témoignages du nouveau testament permet de rencontrer un fait historique indéniable : après la mort de Jésus sur la croix, il s’est produit un événement qui a bouleversé radicalement les disciples de Jésus. Il ne peut être assimilé à un phénomène d’autosuggestion. »

Ma pensée : en effet, la mort de Jésus avait sans doute profondément déçu les disciples. Peut-être même une désillusion totale. Et pourtant, quelque chose se passe, et les voilà qui évangélisent à tour de bras ! Appuyés sur une foi formidable. Indéniablement, il s’est passé quelque chose qui les a confirmés dans leur croyance, en Jésus, fils de Dieu. La résurrection ?

p 155 : « Luc est loin des principes des historiens de l’ère positiviste moderne. Il est cependant un véritable historien qui ne se contente pas d’énumérer les faits mais cherche à les comprendre, à les relier entre eux, à en montrer les interactions et en tirer les conséquences pour la suite des temps »
Ma réflexion : Et c’est dans cette volonté de montrer les liens au détriment des faits purs qu’il s’éloigne de l’historien positiviste mais montre un autre type de vérité.
François Brossier en arrive à la conclusion du livre…
Nous pouvons lire p159:
« Lorsque l’amoureux appelle sa bien aimée « mon petit canard », l’homme pétri par la conception positiviste et scientiste dira que c’est faux ; le poète, lui, dira que c’est vrai car la métaphore permet d’exprimer une profondeur de sentiment que ne révélerait pas l’expression « femme ». Dès lors, le plus vrai est-il « femme » ou « petit canard » ? » (hé oui)
p 160 : « Aristote l’exprimait déjà très bien dans son livre « Poétiques » : il il y a deux manières d’écrire l’histoire : soit par mode de reproduction, soit par mode de production. La reproduction consiste à donner une description la plus précise possible des faits qui se sont déroulés. La production consiste à créer un récit qui donne à voir non pas le factuel mais ce qui est profondément en jeu dans les événements. » ex : Guernica de Picasso qui raconte les horreurs de la guerre civile espagnole, etc.
L’auteur termine par cette sentence pleine de sentiment et de vérité je trouve :
« La Bible dit-elle vrai ? Oui, mais la rencontre de la vérité suppose la complicité active et laborieuse du lecteur. »
Personnellement je terminerai ce commentaire qui, j’espère donnera envie de lire ce livre, par : « Ora et labora ». Lege, Lege, Lege, relege, ora, labora et invenies.

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La muse et le poète – Jean Baptiste Messier

Un joli commentaire de mon recueil « La muse et le poète » :
« Sa plume, toujours aussi affirmée, m’a ravie une fois de plus et si vous voulez une belle ode à la féminité, vous serez conquis vous aussi par ce beau recueil, autant par les photos que par les textes. »

FRENESIES LIVRESQUES

Titre : La muse et le poète

Auteur: Jean Baptiste Messier

Résumé :

Recueil de poèmes inspirés des photos en noir et blanc ou couleur de la Muse et modèle : Sarah Vanm.

Mon avis :

A travers un recueil de poèmes agrémentés de belles photos en noir et blanc, jean Baptiste Messier nous rend spectateur du lien qui unit sa muse et son poète.

Un lien tellement unique que l’on a l’impression, à la lecture de ses différents textes, de rentrer dans leurs vies privées, dans leur intimité.

Avec des photos très suggestives, l’auteure nous captive par ses textes empreints de beaucoup de sensualité.

Sa plume, toujours aussi affirmée, m’a ravie une fois de plus et si vous voulez une belle ode à la féminité, vous serez conquis vous aussi par ce beau recueil, autant par les photos que par les textes.

L’auteur a su allier les mots aux…

Voir l’article original 51 mots de plus

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« Fondation » d’Isaac Asimov, une daube ?

D’ordinaire, je suis assez nuancé dans mes opinions ou en tous cas j’essaie de l’être mais là impossible.
Tout d’abord la présentation

4ième de couv’ :

En ce début de treizième millénaire, l’Empire n’a jamais été aussi puissant, aussi étendu à travers toute la galaxie. C’est dans sa capitale, Trantor, que l’éminent savant Hari Seldon invente la psychohistoire, une science nouvelle permettant de prédire l’avenir. Grâce à elle, Seldon prévoit l’effondrement de l’Empire d’ici cinq siècles, suivi d’une ère de ténèbres de trente mille ans. Réduire cette période à mille ans est peut-être possible, à condition de mener à terme son projet : la Fondation, chargée de rassembler toutes les connaissances humaines. Une entreprise visionnaire qui rencontre de nombreux et puissants détracteurs…

Mon avis :
Comment une telle nullité peut-elle devenir un classique de SF ?

C’est un vrai mystère.

J’ai lu pas mal voire beaucoup de bouquins de SF (Dick, Herbert, Dan Simons, José Farmer, Clark, Heinlein, Andevon, Le Guin, Bradbury, Stanislas Lem, même Houellebecq tiens !, Silverberg, etc., etc.). J’ai apprécié aussi les nouvelles d’Asimov sur les robots. Alors je me suis dit, chouette un cycle qui promet d’être bien par un auteur renommé et que je ne connais pas !

Je suis tombé de haut !

Le style est complètement plat, les personnages ont une épaisseur voisine de zéro, l’intrigue – y a une intrigue ?-, les descriptions squelettiques, les dialogues insipides !
Tout juste peut-on remarquer le développement du concept de psychohistoire vaguement intéressant… Mais est-ce que ça suffit à donner un quelconque intérêt à ce livre ?
Clairement non, je ne comprends pas comment on peut l’encenser. C’est un mystère. Ou alors quelque chose de la taille d’un livre (!) m’échappe.
Je pense qu’il vaut mieux que je relise dans le genre « Hyperion »de Dan Simmons.

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Mon aventure (et mésaventures) sur le chemin de St Jacques, épisode 1

Résumé des épisodes précédents : J’ai commencé le chemin de St Jacques par tronçons depuis 2018. J’ai ainsi parcouru à pied le Chemin depuis le pas de ma porte à Metz jusqu’à Langres.


Metz :

Langres :

Cette année je comptais faire le tronçon Langres-Le Vézelay.

Pèlerin C’est un terme dont l’étymologie nous amène à la langue Latin (pèlerin). Le concept est utilisé, dans son sens le plus large, pour désigner le sujet qui fait le tour des régions qui lui sont inconnues . (source : https://cf.erf-est.org/12176-peregrino.html ).

Photo tirée du livre : « Guide spirituel des chemins de St Jacques »

Je me souviens que, quand j’avais poursuivi le chemin l’année dernière à partir de Contrexeville jusqu’à Langres, l’hôtelier me désignait à ses employés comme « le marcheur » avec un respect simple (d’autant plus qu’il était Italien et sans doute imprégné de religion). Cette dénomination de « marcheur » m’avait fait plaisir.Mais, cette année en tant que catéchumène baptisé depuis le 28 juin 2020, je passais de « marcheur » à « pèlerin ». Un catéchumène est un adulte qui entreprend de se faire baptiser suite à une catéchèse (formation initiatique chrétienne si on veut) longue de 18 mois.

C’est un pas très fort. Du coup cette année, j’accrochai à mon sac-à-dos une coquille saint Jacques. Bien sûr, je ne pénètre plus dans les églises de la même façon. Non plus en touriste, mais en quelqu’un qui a approfondi la religion chrétienne et catholique en trempant ses doigts dans l’eau bénite (du moins hors période COVID 19) et en faisant le signe de croix, en chrétien donc. Et tel, Bilbo le hobbit, je m’en allais une nouvelle fois, découvrir le monde au-delà de ma région, de mon champs, le bâton à la main. Vivre une aventure…

Toutefois avant de partir, le pèlerin doit réfléchir soigneusement à son sac ^^ :
j’ai trouvé du matériel très léger, fiable et qui prend peu de place : sac de couchage, protection pour sac à dos, pour pantalon, cape de pluie. La tente est légère mais après avoir discuté à Langres avec un pèlerin espagnol qui avait pris pour point de départ l’Angleterre et avait pour point d’arrivée Rome (la via Francigena), il est possible qu’il y ait des tentes encore plus légères. A voir pour l’année prochaine.
Vu la canicule, j’avais pris 4 gourdes d’un litre, ce qui une fois remplies (comme elles le furent) pèsent tout de même 4 kgs en plus ! Sans compter le ravitaillement pour deux jours quand y a même pas d’épicerie sur le chemin !


Je commençais donc par là où j’étais arrivé, c’est à dire Langres. Ci-dessous un diaporama de mon petit séjour à Langres avec la cathédrale St Mamès et le presbytère où je dormai.

Arrivé à Langres, je retrouve mes chaussures complètement usées et trouées que j avais laissées dans un coin l année dernière, au pied du pèlerin ^^. C est amusant mais en même temps émouvant que mes chausses habitent cet abri de pèlerins (au presbytère de la paroisse St Mames).
Le coin où je les avais laissées :

L’endroit où je les ai retrouvées, au pied du pélerin :


À l’origine, j’avais prévu de marcher en juin pour m’assurer une certaine chaleur qui peut être toute relative sur le plateau de Langres mais aussi éviter les grosses chaleurs de juillet août.

Mais le covid est passé par là et a bouleversé mes plans. D’une part, je fus obligé à mon travail de prendre 5 jours de congés pendant le confinement et bien sûr je ne pus entamer ma marche avant la début du déconfinement. J’étais donc coincé à la fois sur la date et sur le nombre de jours que je pouvais prendre pour faire le tronçon. C’était souvent des étapes prévues longues de plus de 30 km, ce qui commence à  faire beaucoup.

Je dus donc marcher mi-août et pire encore au moment de la canicule.

Je m étais pourtant bien préparé. Une pharmacie avec des compeeds pour les ampoules,

Mais voilà, pour aller au plus vite sur Is sur Tille qui est un noeud pour arriver au Vézelay (voir carte ci-dessus), je devais d’une part marcher longtemps et en plus sur le goudron. Or même en commençant à marcher vers 7h, la température dépassait les 28 à partir de 10-11h. Donc même en partant tôt, je ne pouvais échapper à la chaleur. Et avec l échauffement dû au goudron (dimanche vers 14h, le goudron fondait), les pieds chauffent encore plus et les ampoules ont fait leur apparition dès le premier jour. J aurais sans doute dû mettre mes compeeds en prévention et non pour guérir.
Jamais je ne fus aussi content de découvrir une fontaine à l’eau bien fraîche à Orcevaux (au moment où j’ai pris cette photo, il devait faire plus de 35 degrés au soleil, jamais autant bu de ma vie sans avoir envie d’aller au petit coin) :

Vers Vaillant en Haute Marne (extrême sud, limite Bourgogne), vers 21h je posai un bivouac sauvage dans un champ complètement sec et désolé quelque part au milieu de nulle part :

(suite au prochain épisode)

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