Un point sur l’immortalité de l’âme et la réincarnation selon les différentes traditions

Par rapport à l’idée  qu’on se fait de la mort et du sentiment qu’elle engendre chez nous, il est primordial de se prononcer sur la croyance en l’immortalité de l’âme et encore de la réincarnation. Si l’on croit en l’existence de l’âme d’une part et en son immortalité, la perspective de la mort change du tout au tout. Ces croyances sont porteuses d’espoirs alors que l’adhésion totale à la philosophie matérialiste est porteuse de peur, d’angoisse. On peut se demander dans quelle mesure la philosophie matérialiste est une vérité ou une croyance.
Toutefois on peut croire en l’immortalité de l’âme sans croire en la réincarnation. Dans ce cas-là, on peut se pencher sur le corps glorieux, énoncé par St Paul. Dans tous les cas, pour avoir une « bonne » réincarnation (voire carrément une libération du cycle de naissances et de morts) ou obtenir ce corps glorieux, une purification, qui passe par un nécessaire détachement, est nécessaire. (tout ce qui est écrit en italique est de mon fait).
Nous verrons ce que dit l’hindouisme, le bouddhisme, l’Égypte ancienne, les philosophes grecs, le christianisme, le judaïsme ou les Rose-Croix sur ce sujet.

** Hindouisme , yoga (source wikipedia) :
Dans la Bhagavad-Gîtâ , à la date de rédaction incertaine mais avant J.C,  l’un des textes essentiels de l’hindouisme : « L’âme incarnée rejette les vieux corps et en revêt de nouveaux, comme un homme échange un vêtement usé contre un neuf38 ». L’âme transmigre donc de vie en vie : « Car certaine la mort pour celui qui est né, et certaine la naissance pour qui est mort 39 ». L’individu qui veut atteindre la libération doit vivre de manière détachée de façon à ne pas générer de karman : « Celui qui, fondant en Brahman tous les actes, agit en plein détachement, le péché ne s’attache pas à lui pas plus que l’eau à la feuille du lotus40. ».
Dans l’Advaita Vedānta, date d’écriture bien postérieure à JC, au moins 6 siècles après, le corps, les émotions et l’intellect ne sont que des enveloppes temporelles (kośa) qui donnent l’illusion du « moi » et qu’il faut dépasser. Lorsque survient le moment de quitter l’incarnation physique temporaire, l’âme incarnée (jīvātman) dénoue les liens qui l’attachent à l’existence. Si le karman accumulé apporte le fruit de trop d’actes négatifs, l’ātman ou le Soi s’incarne dans un nouveau corps. Ce cycle est appelé saṃsāra et pour le briser afin d’atteindre la libération (mokṣa), l’individu doit s’identifier à l’Absolu (Brahman).

Le yoga et d’autres courants hindous enseignent le moyen de parvenir à la libération, et chacun choisit la méthode qui lui convient le mieux parmi les écoles de philosophie indienne. Aujourd’hui, l’hindou, puisqu’il vit au kaliyuga, époque où le dharma est le plus corrompu, choisit la voie du Bhakti yoga ou de la dévotion (ce qui ne signifie pas forcément qu’il exclut d’autres moyens religieux ou philosophiques32). D’autres voies du yoga (mārga) permettent également de se libérer du cycle des réincarnations, notamment le Karma yoga41.

** Le Bouddhisme reprend aussi la notion de samsara mais réfute la notion d’atman, d’un absolu de l’être en quelque sorte. Pour se détacher de ce cycle de renaissance et de morts, il faut se détacher du désir et atteindre le nirvana.

** La réincarnation dans l’Égypte Ancienne

Hérodote (Hérodote, Histoires, II (Euterpe), mentionne la croyance en la réincarnation chez les Egyptiens (donc croyance en cours avant – 425, date de sa mort) :
 » Ces peuples [les Égyptiens] sont aussi les premiers qui aient avancé que l’âme de l’homme est immortelle ; que, lorsque le corps vient à périr, elle entre toujours dans celui de quelque animal ; et qu’après avoir passé ainsi successivement dans toutes les espèces d’animaux terrestres, aquatiques, volatiles, elle rentre dans un corps d’homme qui naît alors ; et que ces différentes transmigrations se font dans l’espace de trois mille ans. »
Cependant, j’ai relevé peu d’informations à ce sujet, peut-être parce que c’était des connaissances révélées lors d’initiations et donc secrètes.

** La réincarnation chez les grecs en particulier les écoles de mystères et les philosophes qui tenaient leur idées sans nul doute de la tradition Égyptienne (vu que la plupart des philosophes grecs faisaient des séjours en Égypte parfois pendant plusieurs années avant de revenir). (Source : La réincarnation chez Platon et l’optique chrétienne)

L’histoire de l’idée de l’âme immortelle, c’est-à-dire qu’en chaque personne il y a une âme, qui existait avant sa naissance et continue d’exister après sa mort, a été mise en avant par le mouvement religieux de l’Orphisme par des mystères (VIIème siècle avant J.C). Cette idée correspond à la théorie orientale de l’hindouisme (réincarnation – métempsychose), qui signifie la migration, le passage de l’âme immortelle, au moment de la mort, après un bref voyage, dans un nouveau corps. Après la mort du corps, l’âme est mise au jugement, qui peut s’avérer un châtiment, voir une nouvelle réincarnation, ou une récompense, soit une délivrance définitive du cercle des réincarnations, de manière à ce que l’âme réalise l’élément divin et céleste en elle, afin de devenir un esprit sain. Le mythe de la réincarnation ‘‘concerne la renaissance de l’âme de soi-même à travers une série de corps physiques et surnaturels, lesquels sont d’habitude les corps d’homme ou d’animaux, mais dans certains cas ainsi les corps de dieux, d’anges, de démons, de plantes et de corps célestes (le soleil, la lune, les étoiles et les planètes). En Grèce Ancienne l’idée de la réincarnation (Donnet 2001) s’est identifiée, surtout, avec les enseignements de Pythagore, Empédocle, Platon et Plotin, (Laurent 1999: 115–137) et la culte mystérieuse d’Orphée (Morand 2001). Le caractère très ancien du mythe de la réincarnation vient de ce qui se trouve au cœur des systèmes religieux et des groupes sociaux dans différents lieux du monde (Begzos, dictionnaire religieux, 381–382). Dans le cas de Pythagore les témoignages donnent une place primordiale à la théorie de la réincarnation- métempsychose (incarnation des âmes immortelles à l’heure de la mort, de nouveau sous forme humaine ou animale avec le transport d’un corps à l’autre). Platon (Ferrari 2005: 292) épouse la théorie de l’âme éternelle (Menon, Phédon, Phèdre, République), qui possède la connaissance, avant d’être associé au corps de l’homme, et ce que nous apprenons n’est qu’un souvenir de ce que nous connaissions jadis et nous avons désormais oublié. De plus, Platon a adopté la théorie de la réincarnation – métempsychose et il l’a approfondie de manière eschatologique dans l’interprétation mythico- philosophique de la théorie de la réminiscence (Laurent 2002: 140). Nous pourrons soutenir que Platon a pris en compte les conceptions préexistantes au sujet du destin de l’âme. Influencé aussi par Empédocle, Pythagore, les Orphiques (Donnet 2001) et d’autres, il a construit une théorie qui est fondée, comme cela arrive avec les Védas, sur la croyance dualiste de l’âme immortelle et piégée à l’intérieur du corps et plus généralement dans la réalité matérielle à cause même de son attirance pour les biens éphémères. Chaque réincarnation est déterminée par les expériences de la vie précédente. L’errance douloureuse de l’âme à travers divers êtres s’arrête seulement quand on fait prévaloir la raison et l’éloignement des jouissances du monde matériel. C’est alors l’homme peut réussir la contemplation proprement dite du bien (Phèdre 247 d–e, dictionnaire religieux, 383).

avant le concile de Constantinople (503 ap JC), la réincarnation était une conception admise chez les chrétiens.

** La réincarnation dans la Bible, et fait moins connu chez les chrétiens d’avant le concile de Constantinople (Source : La réincarnation chez Platon et l’optique chrétienne)

« Commençons par deux passages de l’Ancien Testament qui parlent clairement de la préexistence des âmes, condition indispensable pour que des incarnations, puis des réincarnations, puissent avoir lieu.

«J’étais un enfant d’un heureux naturel, j’avais reçu en partage une âme bonne, ou plutôt, parce que j’étais bon, j’étais venu dans un corps sans souillure.» (Livre de la sagesse, attribué à Salomon, 8,19-20)

À propos du prophète Jérémie : «Avant que je t’eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais ; et avant que tu fusses sorti de son sein, je t’avais consacré, je t’avais établi prophète des nations.» (Jérémie 1,4-6)

Les deux passages suivants parlent de la réincarnation future de quel¬qu’un qui a déjà vécu une vie sur Terre. Dans le livre d’Ezéchiel, il est écrit à propos du peuple hébreux, désigné dans le texte comme «les brebis du Seigneur», que ces derniers recevront un nouveau guide : «J’établirai sur elles (les brebis) un seul pasteur, qui les fera paître, mon serviteur David» (Ezéchiel 34,23). Or, le David dont il est question dans ce texte écrit en l’an 600 avant J.-C. est un grand personnage de l’histoire juive qui vivait environ en l’an 1000 av. J.-C., autrement dit 400 ans avant que le livre d’Ezéchiel ne fût écrit ! Ce passage, annonçant le retour de David, parle clairement de sa réincarnation.

Dans le livre de Malachie, on trouve une autre annonce de réincarnation : «Voici, je vous enverrai Elie, le prophète, avant que le jour de l’Éternel n’arrive, ce jour grand et redoutable» (Malachie 3,23). Ce texte écrit au 5e siècle avant J.-C. ne peut concerner la mission déjà réalisée par Elie qui vécut au 9e siècle av J.-C., donc 4 siècles auparavant. Il parle forcément d’une mission future d’Elie, pour laquelle il se réincarnera.
Dans un passage du Nouveau Testament, Jésus demande à ses disciples «Et moi, qui dit-on que je suis ?». Ceux-ci lui répondent que dans le peuple «Les uns disent que tu es Jean-Baptiste, les autres Elie ; d’autres encore Jérémie ; ou l’un des prophètes» (Matthieu 16,14-15). Bien qu’il ne soit pas logique de dire que Jean-Baptiste s’est réincarné en Jésus puisqu’ils vivaient à la même époque, il n’en reste pas moins que cette réponse témoigne que la réincarnation était tenue pour possible par le peuple.
Un autre passage sous-entend l’acceptation de la réincarnation ; c’est celui de la guérison de l’aveugle. «Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. Ses disciples lui demandèrent : Rabbi, qui a pêché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ?» (Jean 9,1-2)
Si cet homme est aveugle de naissance à cause de ses péchés, c’est qu’il les a commis avant sa naissance, donc dans une vie antérieure. La question des disciples montre qu’ils envisagent comme possible que quelqu’un puisse semer une chose dans une vie et la récolter dans une autre, qu’ils étaient au courant et acceptaient l’idée de la réincarnation. D’ailleurs, Jésus dans sa réponse ne les corrige pas, il ne leur dit pas qu’ils se trompent en pensant que l’aveugle a pu être lui-même la cause de sa déficience visuelle par son comportement dans une autre vie. Cette idée est acceptée comme naturelle par lui. Ne serait-ce pas parce qu’elle est une réalité ?
Les Pères de l’Église

Après la mort de Jésus, différentes personnalités commentèrent et expliquèrent ses paroles. Ils sont appelés «Pères de l’Église» car ils sont à l’origine des dogmes de l’Église chrétienne. Or, leurs écrits révèlent que la réincarnation était acceptée et reconnue comme vraie, par une partie d’entre eux tout au moins.

Origène (115-254 après J.-C.) fut un des plus influents théologiens du christianisme primitif. Son influence s’étendit jusqu’au 4e siècle.
Il est généralement considéré comme le plus brillant des Pères de l’Église. Pour lui «Chaque âme vient en ce monde, fortifiée par les victoires ou affaiblie par les échecs de ses vies antérieures».
Grégoire de Nysse (335-395), Père de l’Église grecque, affirme : «C’est une nécessité naturelle pour l’âme de se purifier à travers de multiples vies».
Saint Augustin (354-430) dont les écrits ont profondément influencé la pensée chrétienne écrit : «N’ai-je point vécu dans un autre corps avant d’entrer dans le sein de ma mère». »

Il est certain qu’on cherchera en vain beaucoup de précisions sur l’au-delà de la mort dans les évangiles et dans le nouveau testament en général et c’est bien dommage car c’est une question vraiment essentielle !  Pourtant le fait que Jésus ait ressuscité est bien là la principale bonne nouvelle des Évangiles. C’est en lui que réside l’espérance Chrétienne. Mais que veut dire ressusciter ? Il nous est dit que Jésus ressuscite, ce qui n’est en aucun cas une réincarnation pour le coup. Il n’y a pas de naissance dans un corps physique. Jésus ne renaît pas. Littéralement, Il est. Hors du temps et de l’espace d’une présence qui n’est de toute évidence pas soumise aux lois que nous connaissons dans ce monde. Par ailleurs, au début Marie ne le reconnaît pas. Il a donc changé d’aspect. Il n’anime pas un corps physique. C’est tout à fait évident. Est-ce que c’est ce qui nous attend ?
On notera de ce fait l’idée de corps spirituel ou glorieux developpée par St Paul qui reste assez alambiquée (source Jean-Paul II Jean-Paul II, résurrection, corps glorieux :
Notre corps sera transfiguré en corps glorieux (cf. épitre aux Philippiens Ph 3, 21), en «corps spirituel» (1 épitre aux corinthiens Ph Co 15, 44). Paul, dans la première Epître aux Corinthiens, répond à ceux qui lui demandent: «Comment les morts ressuscitent-ils? Avec quel corps reviennent-ils?», en se servant de l’image du grain qui meurt pour s’ouvrir à une vie nouvelle: «Ce que tu sèmes, toi, ne reprend vie s’il ne meurt. Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps à venir, mais un simple grain, soit de blé, soit de quelque autre plante […] Ainsi en va-t-il de la résurrection des morts: on est semé dans la corruption, on ressuscite dans l’incorruptibilité; on est semé dans l’ignominie, on ressuscite dans la gloire; on est semé dans la faiblesse, on ressuscite dans la force; on est semé corps psychique, on ressuscite corps spirituel […]. Il faut, en effet, que cet être corruptible revête l’incorruptibilité, que cet être mortel revête l’immortalité» (1 Co 15, 36-37. 42-44.53).
Les théologiens s’accordent à penser que ce corps spirituel défie les lois du temps et de l’espace.

** Judaisme (source wikipedia : la réincarnation apparaît comme un concept assez récent et controversé
Le concept utilisé en hébreu est celui de « Guilgoul haneshamot » (héb. גלגול הנשמות, litt. « cycle des âmes »), plus simplement appelé « guilgoul » (héb. : גִּלְגּוּל), un terme qui peut désigner la transmigration des âmes, la métempsycose ou la réincarnation49. Selon ce concept, les âmes effectuent un « cycle » à travers les vies ou « incarnations », étant attachées à différents corps au cours du temps. Le corps auquel elles s’associent dépend de leur tâche particulière dans le monde physique, du niveau de spiritualité de la ou des précédentes incarnations.
L’idée du « guilgoul » semble avoir été présente depuis dans les croyances populaires juives. Par ailleurs, les commentaires kabbalistiques sur la Bible expliquent le « guilgoul » comme une transmigration des âmes de certains personnages pour réparer les dégâts causés durant leur vie : ainsi, Moïse et Jethro sont considérés comme des réincarnations d’Abel et Caïn, David, Bethsabée et Urie comme celles d’Adam, Ève et le serpent ou encore Job, celle de Terah, père d’Abraham49. De nombreux kabbalistes se sont particulièrement intéressés aux réincarnations de l’âme d’Adam. On retrouve de longues explications au sujet de ces « guilgouls » de personnages bibliques dans les écrits de Haïm Vital et Menahem Azariah da Fano49.

* La tradition Rose-Croix :
Les Roses-Croix croient (désolé pour la répétition mal venue ^^) en la réincarnation mais pas en la métempsychose (c’est-à-dire la possibilité de se réincarner aussi en animal). Ils enseignent qu’une vie n’est pas suffisante pour atteindre la « Perfection » et que comme ils croient en Dieu et que Dieu a pour dessein pour l’homme la « Perfection », l’une des lois de l’existence humaine est la réincarnation. C’est tout à fait cohérent à partir du moment où on croit en Dieu et que Dieu est « bon ».
Plus de renseignements ici : Spiritualité des Rose-Croix

PS : on pourrait se dire intuitivement que le corps glorieux est l’aboutissement de notre cycle de réincarnations, une fois que nous avons atteint l’illumination ou la perfection de notre propre nature.

 

A propos Jean-Baptiste Messier

J'ai toujours été guidé par l’idée de produire des textes originaux, provocateurs voire transgressifs. La littérature érotique est mon domaine de prédilection même si j'aime parfois composer des cocktails avec le fantastique, la SF ou la fantasy. J'écris aussi des chroniques sur des livres très divers et évoque parfois des sujets assez polémiques ou spirituels. A découvrir. ;)
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