Ta dictature

 

«  Vous faites des exécutions à l’arme blanche ? » lui demanda Aline. Bogart ne répondit pas. Une curieuse expression s’était figée sur son visage, comme s’il abandonnait un masque, comme si…

Roméo clama :

« Vous croyez que je vais mourir, mais depuis le jour où j’ai tué cette blonde, jamais j’ai n’ai été aussi immortel. Il n’y a qu’une immortalité qui compte, celle de la postérité. Et mon nom s’inscrira dans l’histoire, comme celui qui a mis fin à la folie de l’immortalité, celui qui a enclenché le retour à ce qui est le propre de la condition humaine : la mortalité ! Rendez les âmes à qui elles appartiennent ! A Dieu ! Je suis l’envoyé annoncé par le Christ !….

          Vous êtes un romantique, Roméo, enchaîna Bogart… moi aussi à ma manière, je suis un romantique… à l’envers. »

D’un geste brusque du bras, il attrapa Aline par la taille et la serra contre lui. Le regard d’Aline se voila de peur.

« N’essayez pas de vous débattre… j’ai envie de tes lèvres » chuchota-t’il. Il l’embrassa. Et la poignarda. Les traits d’Aline se relâchèrent. Elle réussit à souffler :

« Merci.

          de rien. » dit Bogart, et il laissa choir le corps rendu à la pesanteur.

Roméo n’était pas ému par cette mort, perdu qu’il était dans des hauteurs abrutissantes.

          C’est mon tout maintenant… Mais je suis tranquille… à l’heure qu’il est, les holotélés doivent étaler de long en large mon crime… et créer des adeptes… impérissable je deviens !… pourquoi souriez vous ? pourquoi ? »

Bogart souriait de plus belle, sans lui expliquer que son « œuvre » avait été soigneusement étouffée. La violence n’était montrée sous toutes ses formes, que tant qu’elle ne menaçait pas la société. Bogart dégaina son pistolet, sans changer son expression moqueuse.

« Pourquoi ? » glapit Roméo.

Bogart appuya sur la gâchette.

« Bong » dit la boîte de conserve, quand la tête trouée de Roméo vint cogner contre elle. Bogart traîna le corps de Roméo près d’Aline et lui mit dans la main le poignard ensanglanté. En regardant Roméo, il murmura cette phrase de l’Ecclésiaste :

« un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. »

Surtout quand le lion n’en est pas un…

Roméo ayant tué deux immortelle, la prime devrait logiquement s’élever à 5000 slovos sinon plus, ce qui lui permettrait de gagner son immortalité. Il regarda autour de lui. Pris d’un élan joyeux, il frappa dans une boîte de conserve.

« Bang » fit elle, « Bong » lui répondit-on, quand elle eût fini sa course. Silence.

 

A propos Jean-Baptiste Messier

J'ai toujours été guidé par l’idée de produire des textes originaux, provocateurs voire transgressifs. La littérature érotique est mon domaine de prédilection même si j'aime parfois composer des cocktails avec le fantastique, la SF ou la fantasy. J'écris aussi des chroniques sur des livres très divers et évoque parfois des sujets assez polémiques ou spirituels. A découvrir. ;)
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